AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet Partagez | 
 

 Lane boy. [RP test, badabam]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : 1, 2  Suivant
AuteurMessage
avatar

Messages : 97
Date d'inscription : 22/06/2014

MessageSujet: Lane boy. [RP test, badabam]   Mar 17 Nov - 22:18




Ce soir, les rues de Pelagia étaient silencieuses. Etrange, surtout pour les derniers « étages » de la cité où le bruit avait toujours régné en maître, du matin au soir. Les morceaux les plus inférieurs de Pelagia avaient intérêt, dès le début, à se faire au bruit ambiant continu et au manque de lumière. Pour tous les habitants du niveau trois, il était question de vivre au milieu de l’insécurité et de l’obscurité qui avaient la main mise sur l’endroit où ils vivaient, survivaient tant bien que mal. Pour Light, gamin des rues habitué à errer d’un endroit à un autre en espérant dénicher quelque chose d’utile, la chose était simple : Pelagia avait bon dos de se servir d’eux en guise de marchepied pour pouvoir profiter de quelques rayons de soleil.
Du haut de ses vingt-deux ans, il arpentait les rues, les mains dans les poches, en marmonnant sur la dernière connerie qu’il allait devoir faire. Un pari. Un pari très con, un pari risqué, mais il avait le goût du risque. Light était un gamin de rue comme les autres, un gosse abandonné par la cité et ses beaux principes de travail comme échelle sociale. Mercenaire pour la Compagnie depuis peu, il profitait d’avoir quitté la rue.

Caché dans un coin sombre d’une rue, Light attendait que les quelques personnes encore dehors finissent de passer, lui laissant ainsi le champ libre pour son larcin du soir. Il jetait, de temps à autres, un coup d’œil nerveux en dehors de sa cachette, y revenait aussitôt que l’ombre d’un passant arrivait.
Il était remonté jusqu’au niveau 2, poussé par l’obligation de réaliser son pari. De toute façon, il ne comptait pas perdre, il ne voulait pas perdre. Hors de question de laisser une chance aux autres de rire de lui. La rue s’était déjà suffisamment moquée de lui quand il était enfant.
Finalement, il n’y eut plus aucun bruit dans la rue, et Light se risqua à jeter un énième coup d’œil à l’extérieur de sa cachette. Personne. La rue était désormais déserte. Un vague sourire passa sur le visage du jeune homme.
Il avait intérêt à trouver quelque chose, ou il ne ferait pas long feu. Il ne lui restait plus qu’à choisir quelle cible attaquer ce soir, mais ce n’était sans doute pas le dernier étage qui allait être la victime de ses forfaits. Il s’était déjà suffisamment éloigné comme ça de sa zone de confort et il ne pourrait de toute manière pas escalader la façade jusque-là.
Pas sans se faire repérer, ou lâcher prise et tomber. L’idée lui arracha un frisson et il secoua la tête.

Le plus simple était encore de contourner le bâtiment pour s’éloigner un peu de la rue. Ça n’avait rien de compliqué. Light quitta sa planque de fortune et se glissa sous les fenêtres, ombre silencieuse habituée à se faire plus invisible qu’une goutte d’eau dans une flaque, et contourna le bâtiment jusqu’à arriver sur ce qui se serait sans doute appelé un côté cour, si cour il y avait. Mais il n’y avait rien. Rien d’extraordinaire. Une façade de brique brute, des fenêtres qui n’avaient jamais été faites pour isoler de quoi que ce soit, et aucune lumière allumée à l’intérieur des pièces dotées de ces vitres.
L’endroit entier semblait endormi. A l’exception de Light. Intrus dans ce niveau 2, no man’s land entre les bas-fonds de Pelagia et ses hautes sphères. Les mains toujours bien calées au fond de ses poches et un vague sourire sur les lèvres, il regarda la façade.

« A nous deux. »

Le carreau céda facilement, plus facilement que toutes les fois où il avait dû briser une vitre auparavant. Il avait l’habitude. Il se mettait toujours dos à la fenêtre, et frappait avec le coude, laissant le tissu du polo le protéger plus ou moins. Il finissait toujours avec de légères entailles et des égratignures quand il devait essayer d’atteindre tant bien que mal le loquet de la fenêtre pour l’ouvrir. Mais ça aussi, il avait l’habitude. La rue l’avait regardé grandir et l’avait éduqué, à sa manière.
Il y avait encore quelques années, il aurait brisé cette vitre pour survivre, ce soir, il le faisait par goût du risque et de la bêtise.
Le loquet de la fenêtre finit par céder sous la pression qu’il exerçait dessus, et le battant s’ouvrit, lui laissant le champ libre pour explorer la pièce qu’il venait de forcer. Rien de folichon. Un chevalet, peut-être, un certain nombre de chiffons, des pinceaux dans un coin, mais rien de ce qui l’intéressait vraiment. Il connaissait déjà ce matériel.
Il y avait même un air de déjà vu, mais il n’y prêta pas attention.

Ce n’était pas le moment d’être plus curieux que cela. Il lui était déjà arrivé d’observer trop longtemps une nouvelle pièce tout juste forcée et de faire des erreurs, il ne comptait pas réitérer l’expérience. Il regarda autour de lui, sachant déjà à peu près ce qu’il cherchait. Quelque chose de facile à transporter. Avec une poignée. Comme cette mallette qui semblait l’inciter à tendre la main pour l’attraper.
Ses doigts se refermèrent sur la poignée de l’objet et il lui fit doucement quitter la table, sans un bruit. Light avait l’habitude de voler, en plus de savoir crocheter les serrures.
Gardant la mallette contre lui, il fit doucement marche arrière jusqu’à la fenêtre, sa main libre s’agrippant machinalement au cadre. Il ne lui restait plus qu’à mettre les pieds dehors et à retourner d’où il venait. Ça semblait simple, en théorie.

Dans la pratique, la lumière venait de s’allumer dans la pièce d’à côté.




Dernière édition par Loki le Lun 15 Aoû - 11:41, édité 2 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur


Messages : 13
Date d'inscription : 17/11/2015

MessageSujet: Re: Lane boy. [RP test, badabam]   Mer 18 Nov - 0:30

Seisyll hausse un sourcil, puis un autre. Il tourne incrédule autour d’une immense toile d’au moins deux mètres sur deux, badigeonnée de nuance de bleu. Swann termine de nettoyer ses pinceaux, assis en tailleur à l’autre bout de la pièce, avec soin, ses doigts maculée de peinture à l’huile de cette même couleur, se moquant secrètement de l’incrédulité de son compagnon face à sa toile et à l’art en général. Même s’il tente de s’y mettre, Seis y reste toujours un peu hermétique, reste bien ancrée de la culture Magnus. Swann a beau s’employer à réparer cette lacune, il n’est encore à mi-chemin de son travail. Après tout, ils ne se connaissent que depuis quatre ans. C’est long, quatre ans. C’est court, quatre ans. Alors, le jeune homme se lève, glisse sur le parquet de l’Atelier, jetant un coup d’œil sur les moulures art nouveau. Il vient se glisser dans le dos du géant brun, passant ses bras autour de sa taille. Tu ne comprends pas, hein. Force est de constater le fait, Seisyll secoue la tête alors Swann l’entraine doucement, le fait se reculer jusqu’au mur opposé. Il embrasse sa nuque juste au-dessus du col de sa chemise. Et maintenant ? Alors Seisyll voit. Il voit apparaitre dans les nuances une représentation des Juves. Juvino apparait sous les traits d’une enfant souriante sous le regard bossu de la vieille femme qu’est Adjuve. La vie sous la protection de la mort, c’est presque ironique.

Un frisson, encore lorsqu’il sent son souffle dans son cou, contre sa nuque. Il faut toujours prendre du recul, Seisyll, c’est comme ça que l’on voit mieux. Je peux prendre du recul pour mieux te voir, si tu veux, répond sur le ton de plaisanterie Seis qui s’amuse à le taquiner un peu. Swann fait la moue, se glisse devant lui. Il passe ses longs doigts fins sur le menton aux débuts de barbes de son amant. Non, toi, tu restes. D’ailleurs, tu restes ce soir, c’est non négociable. Je ne te laisse pas partir, pas du tout. D’abord parce qu’il faut qu’on cause affaire, toi et moi, mon cher Elek. Mais on en parlera demain parce que cette nuit, nous avons d’autres différents à régler. Le sourire de Seisyll s’élargit, son visage se penche, se rapproche du sien pour se frotter, nez contre nez, souffle contre souffle. Quel genre de différent, ami chat ? Tu m’as délaissé, réponds du tac au tac Swann. Avec le « travail », les réunions, les actions à organiser, tes études, les « obligations », ne te vois pas presque … Un arrêt. Seisyll a plaqué ses lèvres contre les siennes, après un claquement de langue réprobateur. Il parle trop. Alors le baiser impose un silence, une invitation dans la valse des sens. L’homme au teint halé accroche l’une de ses mains au cou de son amant, de l’autre, il cherche à éteindre la lumière de l’atelier, pour retrouver l’atmosphère rassurante de l’obscurité, du secret. Et de fait, dès que les lumières  sont éteintes, la machine s’emballe, les baisers se font plus dévorants, plus pressants, ils reculent maladroitement, se cogne jusqu’à enfin arriver jusqu’à la chambre. Terminer dos au lit, leurs corps entremêlés, Swann déjà sans pantalon, Seisyll quittant sa chemise avec son aide, leurs mains caressant, agrippant, se perdant dans les méandres des endorphines et dans ceux du plaisir.

Brusquement, Seisyll se fige, se redresse. Du bruit dans l’atelier.  Un baiser sur le front de l’artiste, pour le rassurer et le voilà debout, pied nu, vêtu uniquement de son pantalon. Doucement, il se glisse jusqu’au chambranle de la porte, apercevant une ombre en train de se carapater avec …
« Trab’es tout puissant »



Ni une ni deux, Seisyll allume la lumière de la chambre et  se met à courir après le voleur qui tente de subtiliser la mallette à faux papier. C’est qu’elle vaut de l’or cette mallette, il est hors de questions que qui que ce soit la vole.  Une dizaine de mètre. C’est la distance que peut parcourir le cambrioleur avant que Seis ne le plaque violemment sur l’asphalte, une main située sur son cou, menaçant, glaciale


« Un mot et tu es mort. Clair ? »



Un gamin, un pantin trop maigre, voilà ce à quoi ressemblait son voleur. Pantin presque désarticulé quand le géant monstre l’attrape par le col et le ramène sans ménagement jusqu’à l’atelier, la valise dans l’autre main. Il le jette presque au sol, se débarrassant de lui avec toute la haine et le dédain qu’il possède, s’adressant à Swann qui sort de la chambre, vêtu toujours de son unique chemise et son sous-vêtements, il n’a pas pris la peine de se rhabiller


« - Il en a trop vu, il faut s’en débarrasser. Je vais aller le balancer à la mer par une valve …

- Attends, Attends, Elek. »


Swann s’accroupit devant la silhouette sonnée du pantin, relevant ses cheveux pour voir son visage.  Il passe sur sa face un éclair de surprise puis un large sourire tandis qu’il ajoute.


« - Bonjour Cal. Ou alors tu as complétement abandonné ton prénom pour ton surnom … Light, c’est ça ? Comment te portes-tu depuis tout ce temps ?

- Tu le connais ?

- Oui, c’est un gamin des rues. Ce n’est pas la première fois qu’il cambriole mon atelier. Alors. Quelle bonne onde t’amène ? »
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar

Messages : 97
Date d'inscription : 22/06/2014

MessageSujet: Re: Lane boy. [RP test, badabam]   Mer 18 Nov - 14:54




La seconde de trop. L’hésitation bête de voir la lumière s’allumer soudainement, et Light se fige sans savoir pourquoi. C’est toujours pareil. Il a beau avoir l’habitude de ce genre de petits larcins, dès qu’une lumière s’allume, son corps se raidit et il reste une seconde de trop à se demander pourquoi la lumière s’est allumée. C’est la seconde de trop pendant laquelle il tourne la tête et reste là, à regarder la pièce où une main a appuyé sur l’interrupteur, la seconde de trop où sa main se serre sur le cadre de la fenêtre, avant qu’il ne se décide finalement à sortir définitivement du bâtiment. Trop tard.
Quelqu’un vient de le repérer. Pas besoin de le voir, il lui suffit de l’entendre. La lumière allumée dans l’autre pièce n’a plus d’importance, Light se glisse vers l’extérieur avec la ferme intention de semer son poursuivant et de se cacher, attendre que les choses se tassent et que le volé cesse de vouloir retrouver son voleur, admette qu’il a perdu un bien et tant pis, juste attendre qu’il puisse ressortir d’une planque de fortune dégotée en un quart de secondes et revenir vers ses chers « collègues » avec son sourire moqueur flanqué sur les lèvres.
Trouver une planque et attendre. Encore une fois, sur la théorie, ça peut marcher. Sur la théorie, le plan a l’air pas mal, voire carrément bien.
Mais dans la pratique, il n’a qu’à peine le temps de faire une dizaine de mètres. Peut-être moins, carrément moins d’ailleurs.

Light n’a même pas le temps de se retourner, encore moins d’amortir sa chute. Le cambriolé le plaque au sol avec une étonnante facilité. Le mercenaire reste au sol, sonné. Au niveau de son épaule et de sa joue, il sent un léger picotement. L’asphalte, en général, ça écorche, ça égratigne. Un mot, et il est mort. Ouais, c’est clair. Light a envie de répondre, mais son instinct lui souffle de rester muet.
Ça vaut mieux, peut-être, de ne pas le chercher, ce type. Ça peut être une idée de ne pas aggraver la situation qu’il a lui-même installée. Un vague ricanement lui échappe, qui se transforme presque en interpellation quand sa victime l’attrape par le col pour le relever.
Eh, moins fort. Eh, tu essaies de m’étrangler ou je rêve ?

L’espace de quelques secondes il se métamorphose en marionnette, trop sonné pour vraiment réagir. Il n’a même pas le réflexe de porter une main à sa joue pour vérifier si l’asphalte a bien entamé la peau ou pas. Si ça se trouve, c’est juste une impression. Light se laisse traîner, entraîner, il roule sur le sol quand son geôlier le balance plus qu’il ne le lâche.
Pour Light, ça a un air de déjà-vu. Ça lui rappelle les rues sales, froides du niveau 3, où il avait joué le rôle de victime pendant un moment. Le gosse, un peu trop faible, sur qui on aime bien frapper. Il serre les poings en restant au sol quelques secondes. Se débarrasser de lui ? Il dirait bien « plutôt crever » mais le noyer a l’air d’être l’idée de l’homme qu’il a voulu cambrioler.

L’autre voix, en revanche n’a pas l’air d’accord. C’est étrange. Il est sûr de la connaître, cette voix, sans arriver à la remettre. Pourtant, elle lui dit vraiment quelque chose, il est sûr de l’avoir entendue. Plus d’une fois. Il se souvient mal des voix des gens à qui il n’a pas parlé plus de deux ou trois fois. Il ne se souvient pas des gens qui ne l’intéressent pas. Et cette deuxième voix, elle a l’air étrangement familière.
Swann. C’est ce visage qui lui saute littéralement aux yeux quand il arrive à remettre de l’ordre dans ses esprits et que l’artiste le regarde, l’air étonné, mais affublé d’un grand sourire. Light sourit aussi. Un sourire plus cynique, plus moqueur. Plus désabusé.

« Oh non, merde, pas toi… »

Sa première pensée est pour ses collègues : les enfoirés. Ils l’avaient peut-être envoyé là en connaissance de cause. En sachant qu’il se ferait avoir. Qui sait. Il n’a pas envie de creuser la question. Son visage se durcit légèrement.

« Arrête de m’appeler Cal. Il est mort. Y a un moment, même, au cas où tu ne t’en souviendrais pas. »

Mort mais pas tout à fait enterré.
Sa joue commence à le piquer un peu plus. Il pose deux doigts dessus, grimace. C’est définitif, la montagne qui l’a arrêté lui a en plus offert un souvenir en le plaquant au sol. Son épaule doit être dans un état similaire. Avec de la chance il devra passer du temps à retirer les gravillons de la peau.
Son sourire revient, l’espace d’un instant.

« Et sinon la prochaine fois tu peux dire à ton copain que c’est pas la peine de me faire embrasser le sol. Je m’en fous, de vos petites affaires, vous faites ce que vous voulez, tout ce que je demande c’est d’éviter de bouffer du gravier. C’est pas génial. »

Un peu dur et un peu fadasse, le gravier. Rien d’extraordinaire, ça a même un arrière-goût de niveau 3.
Light hausse les épaules. Ce qui l’amène ? Il se demande si c’est une bonne idée d’être honnête. Il suffit de regarder l’ours qui se tient devant lui pour savoir qu’il ne regretterait absolument pas de lui casser les cervicales pour un mot de travers. Est-ce une bonne idée de dire qu’il est venu ici parce qu’il avait envie ?
Envie de gagner un pari à la con, qui plus est.

« Eh dis-moi, depuis quand tu t’intéresses à ma vie ? Non parce que j’ai pas spécialement eu l’impression que je te manquais quand je suis parti. Tu t’es pas ramené jusqu’au niveau trois pour me chercher, alors va pas me faire croire que je te manquais pendant tout ce temps, j’y crois pas. »




Dernière édition par Loki le Lun 15 Aoû - 11:41, édité 2 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur


Messages : 13
Date d'inscription : 17/11/2015

MessageSujet: Re: Lane boy. [RP test, badabam]   Mer 18 Nov - 15:52

Seisyll lève les yeux au ciel de manière ostensible, un peu trop même, si bien que Swann le réprime d’un regard avant de se reporter su Cal. Pardon. Sur Light. Mécaniquement, il cherche son paquet de cigarette dans le fond de sa poche de pantalon ainsi que son briquet, un œil toujours sur sa prise de chasse. Ce n’est pas l’envie qui manque d’aller le noyer, l’envoyer loin dans les fonds marins pour que jamais son corps ne revienne, qu’il finisse en amuse-gueule pour les requins. Mais Swann a dit non. Et son non a valeur d’ordre. Après tout, la figure enluminé du chef, c’est lui. Swann qui dodeline, s’étire avant de tirer à lui un tabouret pour s’assoir et faire face à l’homme pantin écrasé au sol. Les jambes tendues, les mains accrochées entre les cuisses, il joue, il observe, amusé tandis que Seisyll veille, se mettant en recul. Ça se joue entre lui et le gamin, seulement lui et le gamin, jugé par les toiles aux couleurs vives qui l’entoure. Et l’odeur du tabac qui se met à embaumer doucement l’endroit clos. Aucun échappatoire pour Light. La réaction du gamin fait rire Tabitha aux éclats, sans retenue, un son de tintement, sans moquerie, amenant de la légèreté. C’est plus ou moins la réaction à laquelle il s’attendait. Oh non, pas toi. Oh que si, me voilà, devant toi, dans la même situation qu’il y a six ans, en train de te fixer. Tu n’es plus le gamin chétif des rues du niveau 3, tu as grandis mais tu as gardé quelques restes de l’enfant que je connaissais. Il s’énerve sur son prénom, Swann reprends d’une voix douce, contrastant avec la situation
« Et je te réponds la même chose que lorsque tu me l’avais dit. Cal, c’est un diminutif de deux prénoms : Calvin et Caleb. Calvin signifie « chauve » dans une langue ancienne. Chauve est associé à la vieillesse et la vieillesse à la sagesse. Caleb signifie « chien » et le chien est le symbole de la fidélité et du dévouement. Quoi que tu fasses, il y aura toujours du Cal en toi. C’est ton « essence ». »


Il se lève doucement, sibyllin, glisse sur le parquet pour revenir avec une boite à pharmacie, s’asseyant en tailleur, en face de lui, déposant de la ouate, du désinfectant, un pince à épiler et de quoi bander. Seisyll semble l’avoir bien amoché, il est vrai que Magnus n’apprend pas à ses membres à faire dans la douceur. Surtout que, circonstance aggravante pour Light, il a gâché une nuit et il a tenté de cambrioler le gagne-pain du mouvement. Manger le gravier. Oui, c’est exactement ce qui est arrivé. Il allait falloir s’expliquer. Le regard de Swann s’assombrit de manière instantanée lors de ses dernières paroles, il le reprend de manière instantanée.
« Notre contrat était que tu m’assistes pendant six mois, pas un jour de plus ni de moins sans quoi je te dénonçais à la milice et, au vue de ton casier, tu étais bon pour un aller simple pour le quartier Sud. Tu as remplis ta part du contrat, tu es resté six mois. Après, tu étais libre de faire ce que tu souhaitais, soit tu continuais contre un salaire, soit tu partais. Tu as choisi la seconde solution. Ne mentons pas, ça m’a attristé mais rien ne justifiait que je te cours après. Tu possèdes quelque chose, une arme que la société de Pelagia tente d’émousser au plus haut point. Le libre arbitre. Tu es libre de tes choix de vie à partir du moment où ils ne sont pas contre tes valeurs. Seulement, aujourd’hui c’est différent. Aujourd’hui, tu n’as pas simplement volé un paquet de biscuit sec, le bracelet en toc de ma grand-mère et un pot de confiture. Aujourd’hui c’est plus grave, beaucoup plus grave. Enlève ton haut, je vais te soigner. Elek, tu peux m’amener une lampe halogène, une coupelle et un verre d’eau, s’il te plait, j’ai besoin de lumière pour lui virer les graviers de la plaie. »


Seisyll obéit en silence, coinçant sa clope au coin de sa bouche pour aller chercher la lampe demandée, déroulant son fil à travers la pièce. La lumière est éblouissante, leurs yeux clignent un peu, le temps de s’habituer. Il refait demi-tour pour aller chercher ce qui reste. Haut enlevé ou non, Swann commence, s’attaquant à la plaie sur sa joue. Sérieux, appliqué, il retire à l’aide d’une pince à épiler

« Je n’irais pas par quatre chemins, Cal. Qui t’as demandé de cambrioler le mouvement Aldebaran ? »


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar

Messages : 97
Date d'inscription : 22/06/2014

MessageSujet: Re: Lane boy. [RP test, badabam]   Mer 18 Nov - 18:36




Ses mâchoires se serrent en même temps que ses poings, son dos se raidit et il adresse un regard noir à Swann. Sur le moment, il a envie de lui dire que c’est Cal. Juste Cal. Pas de diminutif de quoi que ce soit, juste Cal, que ses parents ne l’avaient jamais appelé autrement que par ces trois malheureuses petites lettres, mais il ne dit rien. Ça ferait trop plaisir à Swann, de lui avouer qu’au final il n’a pas totalement renié ce prénom par lequel plus personne ne l’a appelé depuis un moment. Depuis six ans, très exactement. Jäger lui-même ne doit pas connaître son vrai prénom, bien qu’il se doute forcément de quelque chose.
Mais Light ne dit rien. Il se contente de fixer le peintre avec ses deux yeux énervés, mâchoires serrées et lèvres pincées. Il ne veut pas de la vieillesse, encore moins de la sagesse, il a déjà ses cheveux qui dénotent trop dans le paysage. Il ne veut pas non plus être le chien fidèle de qui que ce soit. Il le rappellera à Swann aussi longtemps qu’il le faudra, mais il ne s’appelle plus Cal Gray depuis des années.

Light incline vaguement la tête de côté en regardant Swann s’éloigner, ramener de quoi le rafistoler. Machinalement, il lève les yeux au ciel, puis détourne le regard. Il est tenté de lui dire que ce n’est pas la peine de se donner autant de mal pour lui, avec toute l’ironie du monde, mais il connaît déjà plus ou moins la réponse de Swann. Il ne lui demande pas son avis, pas pour ça en tout cas, mais Light se fie à son expérience de la douleur. Elle est moindre quand elle est “auto-infligée”.
Que quelqu’un d’autre s’amuser à triturer son épiderme pour en retirer les gravillons sera beaucoup plus douloureux que s’il le faisait lui-même. La douleur a un seul avantage : elle lui dit qu’il est toujours en vie. Et ça, ce n’est pas si mal, il paraît.
L’espace d’un instant, son nez se retrousse, sa lèvre supérieure est agitée d’un léger tic de dédain. Magnus. Un ricanement lui échappe et il incline la tête de côté en regardant Swann, un rictus plaqué sur son visage et un fond de colère amère dans les yeux.

« Comme si Magnus s’intéressait au niveau trois. Le jour où ils auront vraiment envie d’aller y mettre les pieds, ce sera un lynchage en règle. Ils n’en ont juste rien à carrer, du niveau trois, sinon je peux te garantir je serais pas dehors, et les autres non plus. Les hautes sphères n’en ont rien à foutre des bas-fonds. On est juste là pour leur permettre d’avoir du soleil. »

Son rictus s’amplifie légèrement. Il n’a jamais aimé Magnus, et ce n’est pas maintenant que ça va commencer. Il n’a jamais non plus aimé Pelagia et ses principes qui ne lui ont pas apporté grand’chose dans la vie si ce n’est de dormir sous les porches la nuit tombée et de devoir voler pour ne pas mourir de faim. Travailler, travailler. L’idée lui arrache un autre ricanement. Comment travailler quand on n’a que six ou sept ans et qu’on est subitement lâché dans la nature ? On ne sait pratiquement rien faire, à six ou sept ans.

« Arrête d’en faire toute une histoire, c’est pas comme si j’étais allé bien loin non plus… »

Il adresse un regard vaguement moqueur à la montagne qui l’a arrêté en le plaquant au sol, puis il enlève son haut et jette un coup d’œil machinal à son épaule. Le tissu du polo aura au moins évité que sa clavicule finisse comme sa joue : criblée de gravillons. Il n’y en a que deux, ou trois, une légère marque rouge, sans doute le résultat de la brûlure du tissu, et une égratignure d’où ne suinte qu’un peu de lymphe. Ce n’est même pas douloureux. A peine.
Ça chauffe, un peu, ça continue de picoter, mais ce n’en est pas non plus au point qui l’empêcherait de déverser son amertume sur les deux hommes. Il en faut plus pour le faire taire. Plus qu’une main plaquée sur sa bouche, plus que des doigts serrés autour de son cou. De toute façon, Light n’est plus cet enfant effrayé qui arpentait les rues du niveau trois. C’est un adulte, maintenant. Il a grandi, il a appris à faire autre chose que donner des coups de pieds dans le vide.
Si l’un de ses deux “geôliers” du moment ne faisait pas deux têtes et vingt kilos de plus que lui, il aurait pu être tenté de lui mettre une droite. Mais essayer équivaudrait à rejoindre ses parents dans un hypothétique autre monde. Très peu pour lui.
Il regarde ladite montagne en entendant légèrement sa main qui tient le polo.

« Je peux te le prêter si t’as froid, mais je sais pas s’il sera à la bonne taille. »

Railleur, il accompagne ses paroles d’un léger sourire qui ne se veut même pas innocent. Provoquer, il a l’habitude. Bizarrement, il sait que tant que Swann sera là, il ne risquera pas de s’en prendre une de la part de l’autre. Comment il s’appelle, d’ailleurs ? Il faudra peut-être qu’il demande. Sauf s’il n’a pas envie de faire long feu dans l’endroit et de s’enfuir comme il s’était déjà enfui de l’atelier du peintre six ans plus tôt.
Il regarde Swann quand ce dernier commence à retirer un à un les gravillons. Il cligne des yeux à cause de la lumière, puis plante son regard dans le sien et reste un instant sans rien dire.

« Je sais pas si t’as vraiment envie de le savoir. »

Il hausse une épaule.

« Mais je sais que t’es du genre à insister donc je vais t’épargner cette peine. On m’a pas demandé. On a parié que je le ferai pas. Et j’aime pas perdre, mais ça tu le sais déjà. Et j’aime encore moins perdre quand je suis considéré comme le bleu de service. Mais ça aussi, je crois que tu le sais déjà. »




Dernière édition par Loki le Lun 15 Aoû - 11:41, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur


Messages : 13
Date d'inscription : 17/11/2015

MessageSujet: Re: Lane boy. [RP test, badabam]   Mer 18 Nov - 19:30

Swann titille, tente de pousser Light  dans ses retranchements. Il impose, il s’applique, retire un à un les gravillons pour les déposer dans la coupelle, peu importe l’heure avancée de la nuit. Swann écoute. Magnus. Qui, du niveau 3, apprécie Magnus. Magnus, l’Artiste l’a toujours vu comme du venin, avec un moule contraignant. Comme le Conseil au final. Son regard dévie sur Seisyll qui n’a pas dit mot depuis tout à l’heure. Seisyll immobile sur le tabouret, son mégot terminant de se consumer dans sa bouche dans une flamme mourante. Il manque même de finir sa course au sol si Swann n’avait pas tendu la coupelle de gravier à temps. Ce geste dénote leur habitude, parce qu’ils vivent quasiment ensemble maintenant. Seis ne doit dormir à l’appartement familial qu’une fois par semaine, prétextant diverses raisons pour ne pas y aller, éviter les mondanités. Il est maintenant presque dévoué corps et âme à la cause, il ne voit plus ses anciens camarades du niveau 1, ne fait plus que croiser sa jumelle qui le lui reproche. Swann le sait, Elek lui a dit, de manière évasive. Il sait que cela le travail, le mine, de ne pas pouvoir partager tout cela avec son double d’âme. Mais Eirlys est, elle, parfaitement rentrée dans le moule. Elle est déjà, à son jeune âge, dévouée corps et âme à Magnus. Lui dire, lui avouer se traduirait par un dilemme pour elle et un suicide pour lui. Pour eux. Swann secoue la tête, se reconcentre sur Light et ses blessures, désinfectant à l’aide du liquide et de la ouate. C’est surement douloureux mais cela évitera les infections et tout ce que ça entraine. Il termine son œuvre par un pansement de fortune, composé de sparadrap et d’une compresse sur sa joue. Le Chat esquisse presque un sourire en le voyant tendre son polo à la Chouette qui ne réagit pas, assit, le regard dans le vague droit devant lui. Il l’appelle. Elek ? Pas de réponse. Deuxième tentative, le faire réagir par le surprenant, l’absurde.

« Et si je me servais de Cal pour ma prochaine création, il serait une toile parfaite. Je le peindrais en rose, les cheveux en orange … »



Toujours pas de réaction, si ce n’est un mouvement de lèvre nerveux, comme s’il récitait quelque chose. Mouvement de main de Swann dans le vide, amusé comme à chaque fois que son amant se perd dans ses pensées
« Il réfléchit. Il reviendra parmi nous sous peu. Sinon, je le décoincerais après avoir fini tes bandages. Ça arrive, il est comme ça. »



Alors Tabitha l’écoute raconter, dans un soupir, l’histoire de Light. Un pari, hein. Il ne répond pas, pas tout de suite en tout cas. Il termine de panser ses plaies, lui faisant signe de remettre son polo et reportant la boite à sa place.
« Et tu t’es fait avoir. Comme un bleu. Tu penses sincèrement que ce pari était absolument innocent ? Réfléchis un peu, bon sang. Tu as voulu pavaner comme un poisson lion et ce type s’est servi de toi. Cette mallette, c’est celle dont on se sert pour faire les faux papiers, elle vaut, en valeur intrinsèques, probablement des milliers. Tu vois ce que ça représente ou pas du tout ? Cet homme, non seulement il te faisait travailler gratuitement tout en se faisant de l’argent sur ton dos et en mettant en péril tout le système mais en plus, si tu te faisais prendre et donc tuer, ce qui aurait été le cas si je ne t’avais pas reconnu, il était hors de tout ça, en sécurité. Et … »



Brusquement, Seisyll se lève. Il adresse un regard glaçant à Light, une longue caresse dans les cheveux décolorés de Swann qui le regarde un peu surpris.

« - Qu’est-ce que tu fais ?
- J’appelle Nine. J’ai une idée pour coincer ce type et j’ai besoin d’elle. Si ton protégé veut vivre, il reste avec nous. Sinon, c’est l’aller simple pour saluer Juvino, je reste là-dessus. Et si ce n’est pas moi, ce sera Jagger. Il me doit quelque chose.
- Att… »


Mais il est déjà parti dans la chambre pour se rhabiller. Maintenant, c’est plus contre Light qu’il est en rogne, enfin pas totalement, mais contre cet inconnu qui a décidé de contrecarrer le travail d’Aldebaran. Sa tenue maintenant qu’elle est complète trahi son milieu sociale, par la richesse de l’étoffe et la coupe. Le voilà redevenu un homme du niveau 1. Le coup de téléphone à la dénommée Nine est bref et il repart déjà vers la porte. Swann esquisse un mouvement, puis un autre, tentant de le suivre, ne le rattrape qu’à la dernière venue, quand Elek s’arrête pour déposer ses lèvres contre les siennes. Qu’importe le public, Light a déjà suffisamment vu pour ne plus douter.


« Je suis de retour dans une heure, veille à ce que notre nouveau membre ait compris les clauses du contrat. Peins-lui les cheveux en orange si ça t’arrange mais qu’il ne sorte pas d’ici tant que je ne suis pas revenu.»
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar

Messages : 97
Date d'inscription : 22/06/2014

MessageSujet: Re: Lane boy. [RP test, badabam]   Mer 18 Nov - 20:11




Il a deviné que Swann fait tout pour le faire réagir, mais il prend sur lui, se focalisant plus sur la douleur que chaque gravillon retiré lui assène que sur ce que le peintre dit. Ne pas réagir. Il paraît qu’on lui a appris à ignorer ce que les gens peuvent dire et à ne pas réagir, mais comme d’habitude, il y a plus qu’une simple marge entre la théorie et la pratique. Light a vécu suffisamment longtemps au milieu des commentaires des gens pour ne pas avoir envie d’en entendre plus. C’est un poing tendu par réflexe qui va se cogner contre certaines pommettes quand les gens parlent trop. C’est pour ça que la Compagnie aurait pu le virer de ses rangs une bonne douzaine de fois.
Mais c’est aussi pour ça que la Compagnie le garde. La hargne qui est logée au plus profond de lui, son amertume pour Pelagia est son principal moteur. La ville n’a jamais rien fait pour lui sinon le regarder dépérir un peu plus, et la ville paiera un jour pour ce qu’elle n’a pas fait. Un jour, quelqu’un lui a dit que ce que les gens ne font pas est peut-être plus significatif que ce qu’ils font. En y repensant, Light jette un coup d’œil à Swann, avant de grimacer parce qu’il retire un énième gravillon de sa peau à vif. Finalement, c’est un pansement confectionné de compresse et de sparadrap qui se retrouve sur sa figure.

Pas comme s’il n’avait pas l’habitude. Il laisse Swann s’occuper de la plaie à l’épaule, puis remet son polo. Si la montagne n’a pas l’air plus perturbée que ça, lui, il commence à avoir froid. Light est un frileux de nature, et ses années de vie dans la rue n’ont rien arrangé. Dès que les spots lumineux du niveau trois s’éteignent pour la nuit, la température baisse, et rien n’est moins agréable que de dormir dehors quand il fait froid. Il n’y a pas de saisons, à Pelagia.
Mais ça n’empêche pas certains endroits d’être glacials. Le mercenaire aux cheveux gris écoute le sermon de son ancien patron, s’il peut l’appeler ainsi.

« J’avais pas remarqué, tiens, que je m’étais fait avoir comme un débutant. »

Nouvelle grimace. Non, vraiment, il n’avait pas remarqué qu’il n’avait pas pu aller au bout de ce pari stupide. Nouveau regard pour la montagne, et léger tic de dégoût. Le dégoût de s’être fait lamentablement avoir, comme le gamin pris en flagrant délit qu’il était six ans plus tôt. Pourtant, en quittant l’atelier au bout de ces six longs mois à être l’assistant de Swann, Light s’était juré de ne plus jamais refaire la même erreur.
Il se dit que la prochaine fois, il crochète la serrure. Ça a le mérite d’être plus discret, si les gonds de la porte sont correctement huilés, mais le niveau deux a la chance de pouvoir faire entretenir ses biens.
Un soupir sec lui échappe et il décoche un nouveau regard noir au peintre.

« J’ai l’habitude d’être exploité au cas où ça te reviendrait pas ! Honnêtement, je m’en fous, tant que je n’ai plus à dormir dehors et à attendre d’être réveillé par leurs foutus spots qui te crèvent les yeux dès le matin ! T’as pas eu à vivre dans la rue, que je sache, t’as pu faire des études, même, mais c’est pas parce que j’ai dû faire sans que je suis un parfait abruti pour autant. »

Bien sûr, qu’il sait ce que cette mallette représente. Beaucoup. La possibilité de ne pas se faire attraper par Magnus, entre autres. Light s’apprête à continuer d’asséner ses reproches au peintre, quand l’autre se lève, brusquement. Le jeune mercenaire est coupé net dans son élan, machinalement, il baisse le regard et se tasse. Pas besoin d’insister.
Il sait très bien ce que cet homme peut lui faire subir. Il est plus grand que lui, plus fort que lui. Dès qu’il lui adresse ce regard glacial, Light se sent de nouveau comme ce gamin des bas-fonds que les autres utilisaient comme punching-ball pour se défouler, quand il ne pouvait pas encore se défendre. Il serre les poings. Il déteste cette sensation d’être vulnérable. Il n’avait pas rejoint la Compagnie pour être une cible facile.
Pourtant, en présence de l’autre, il était juste un appât pour des poissons plus gros que ceux qui sont servis d’habitude sur les tables de Pelagia.

Light ramène ses jambes contre lui et regarde le sol. Il se dit que c’est sans doute la meilleure chose à faire. Juste l’espace d’un instant, il redevient ce gosse perdu qui se cherche un endroit pour dormir une fois les spots des bas-fonds éteints.
Il attend d’entendre le bruit de la porte qui se ferme pour relever légèrement le regard. Il jette un coup d’œil à Swann.

« Tu devrais peut-être aller te rhabiller, c’est pas très classe là. »




Dernière édition par Loki le Lun 15 Aoû - 11:42, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur


Messages : 13
Date d'inscription : 17/11/2015

MessageSujet: Re: Lane boy. [RP test, badabam]   Mer 18 Nov - 20:47

Swann reste un instant figé devant la porte close. Il n’aime pas ça, il sait ce dont Seisyll est capable. Lui n’a jamais tué mais ce n’est pas le cas de Seis. C’était pour le protéger, Manus avait failli avoir Tabitha. Mais il n’en reste que cette image est gravée dans le fond de sa rétine, le cadre d’un homme tué de sang-froid. Il n’aime pas non plus le voir partir comme ça, bille en tête. Il a un plan, tout étrange qu’il soit, ce plan est quelque part dans les méandres sinueux de son esprit impénétrable de ruse et de sale coup. Même s’il en entrevoit les grandes lignes. La rumeur est la plus grande des armes, même, elle peut être létale lui a un jour dit Seisyll. Il ne l’avait pas cru. Puis il l’avait vu la manier avec brio à plusieurs reprises. La guerre se fait à coup de communication que l’on peut transformer, inventer. Peu importe, l’humaine est d’un naturel méfiant. Swann ressasse encore et encore les paroles de Light, ce qu’il lui a craché à la figure tout à l’heure. Il soupire encore, ferme les yeux. Il aurait aimé. Il aurait aimé que Seisyll reste, qu’il puisse se blottir dans ses bras comme à chaque fois que les courants marins changent de sens et des typhons d’événements, de plus ou moins grande incidence. L’entendre murmurer que tout va bien, qu’il l’aime, de ce qu’ils feront, demain, après-demain, pour la fin des examens de décembre, pour la suite, pour quand ils ne seront plus illégaux, pour le futur. Ce futur rêvé. Mais pour l’instant, il n’est pas là, et lui est censé garder un œil sur Cal. Cal qu’il finit par observer, sans haine, il n’y a jamais vraiment de haine dans son regard. Juste de la tristesse.
« Que tu saches, effectivement. Mais tu ne sais pas tout. Alors ne juge pas sans savoir. Juger par apriori, c’est commencer à se tromper. Tu ne sais absolument rien de mon passé, tu ne peux que supputer et tu continueras ainsi. Et si les études rendaient intelligents, Pelagia irait bien mieux et se serait ouvert à l’extérieur depuis des années. Et je … nous ne serions pas obligé de vivre dans le secret comme actuellement. »


Un silence, tandis qu’il finit par quitter sa place derrière la porte et qu’il fouille dans un placard à la recherche de thé. Du thé à la menthe, pour se réveiller et se réconforter. Il remplit d’eau une bouilloire en fonte et la met à chauffer, revenant vers le gamin avec deux tasses de porcelaines peintes, cadeau d’un camarade d’étude et un paquet de cookie les déposant devant Light.
« Quant à la tenue, sauf si elle te dérange, je n’en changerais pas. Je vais probablement peindre pour oublier mes inquiétudes et je ne veux pas salir d’autres pantalons. »


Un silence encore, le regard dans le vide, ne se levant que lorsque la bouilloire chante. Il revient avec la théière assortie aux tasses, sur un plateau, attendant que cela infuse avant de servir. Le silence se fait pesant alors il le trouble.
« Tant que tu restes avec nous, je peux te donner ma parole solennelle que tu ne dormiras plus jamais dehors. Mais cela inclus certaines règles, pas très différentes de l’époque où tu vivais avec moi. Nous avons besoin de coursiers pour les faux papiers, tu connais le niveau 3 comme ta poche, tu seras parfait. Il va de soi que certaines choses sont secrètes même pour les gens de la Compagnie, comme tu as pu voir, ils ne sont pas tous fiable. La première étant ce que tu as vu. La seconde étant les clients pour lesquels nous travaillons. La troisième, nos « recettes » si on peut appeler ça comme ça. Celles qui te permettront de payer un loyer, de te nourrir et t’habiller. Tu as d’autres questions ? »
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar

Messages : 97
Date d'inscription : 22/06/2014

MessageSujet: Re: Lane boy. [RP test, badabam]   Mer 18 Nov - 21:42




L’autre est parti et les laisse seuls, lui et Swann, dans un atelier qui commence petit à petit à devenir immense. L’autre avait une présence qui rendait la pièce plus petite. Sauf que l’autre est parti. Et tout ce qu’il peut faire, maintenant, c’est rester dans son coin. C’est une bonne idée, paraît-il, de rester dans son coin, sans bouger, sans rien dire. Certains se sont presque tués à le lui répéter sans qu’il ne leur prête attention à un seul moment. En temps normal, Light aurait bougé. Il se serait levé et serait parti, par la même fenêtre qu’il a empruntée pour entrer. Il serait parti sans un mot pour Swann, comme il l’avait fait six ans auparavant. Il serait parti sans se retourner, il serait retourné dans cette garçonnière miteuse qui lui sert d’appartement au niveau 3. Tout juste assez petite pour qu’il puisse se la payer.
Trop petite pour qu’il ait envie d’y rester. A passer sa vie dans les rues de Pelagia, il a pris le goût des grands espaces et déteste être enfermé.
Sauf que ce soir, Light reste sans bouger. Il n’a pas envie de retourner d’où il vient, sinon il sait à peu près ce qu’il va se passer. Il sera l’appât de tous les rires qui passeront. Il aura des comptes à rendre avec ce crétin qui a lancé le pari. La situation va dégénérer. Il sera le premier à frapper, de toute façon. Et autre chose, Light se demande si c’est une bonne idée que la montagne revienne, plus tard, et découvre que lui, le cambrioleur, s’est envolé.

Light tient à sa peau. Ce n’est pas pour rien qu’il s’est démené pour survivre dans les rues étroites et sombres du niveau trois. Il laisse Swann à son ballet de va-et-vient, sans rien dire, toujours installé dans son coin, contre le mur. Il a juste croisé ses bras sur ses genoux et posé sa tête dessus. Il observe ce qu’il peut voir, par flemme de bouger la tête. Des toiles, des murs, un bout de plafond et des lattes de parquet.
Il ne fait pas attention à ce que le peintre pose devant lui. Pour être honnête, il s’en fiche. Il hausse les épaules, l’air de dire fais comme tu veux, je m’en fous à sa remarque sur son actuelle tenue. Il a juste envie de partir, et d’un autre côté, il a envie de rester là. Ça l’agace, de ne pas savoir vraiment ce qu’il veut. D’habitude, c’est vite vu. D’ailleurs, c’est vite vu. Il veut rester en vie.
Donc il doit rester là, même s’il a envie de disparaître et de se fondre une fois de plus avec les murs crasseux du niveau trois.

Pour la première fois depuis longtemps, Light reste sans rien dire. Parce qu’il n’a rien à dire. Pas de sale pique à balancer. Pas d’amertume à jeter à la figure de quelqu’un. Pas de remarque cynique à asséner sur la première tête qui passe. Il connaît Swann. Swann saura répliquer. Il n’a juste pas envie d’une bataille de mots avec le peintre pour le moment. A la limite, il aimerait que ce dernier le laisse tranquille, dans son coin, l’oublie comme il l’a probablement oublié pendant un moment après son départ.
Mais à la place, il écoute le discours de l’artiste sans broncher, sans sourciller. Il se passe vaguement une main dans les cheveux, écarte quelques mèches éternellement rebelles de ses yeux. Un soupir inaudible lui échappe. S’il ne dormira pas dehors, alors où dormira-t-il ? C’est l’une des premières questions qui lui passent par la tête. Il imagine mal l’autre le laisser repartir aussi facilement.

Rapidement, il y a une odeur de thé à la menthe qui se diffuse dans la pièce. Pour Light, ça a un air de déjà-vu, mais l’odeur lui est beaucoup moins familière que la voix de Swann ne l’était à sa première réplique de la soirée. Il se souvient vaguement avoir déjà senti cette odeur de thé caractéristique.
Mais il n’y avait jamais goûté. Si Swann lui en avait proposé, six en plus tôt, en bon gamin des rues rétif, il n’aurait pas touché à la tasse, l’aurait laissée refroidir jusqu’à être juste bonne à jeter. Light ne voulait pas de la compassion de Swann à l’époque.
Il n’en veut pas plus maintenant.

« Parce que tu me trouves fiable, peut-être ? »

Light n’est pas fiable. Light n’est pas quelqu’un à qui il faut laisser le bénéfice de l’initiative.
Un autre soupir lui échappe, plus audible, plus ostensible. Sa main quitte le haut de sa tête, il décroise les bras et bascule sa tête en arrière pour regarder le plafond un instant.

« J’ai deux ou trois questions, ouais. »

Il se remet l’échine droite et plante son regard dans celui du peintre, inclinant comme à son habitude la tête de côté, chassant une mèche grise trop insistante de ses yeux en soufflant dessus. La mèche se décale légèrement, puis revient à sa place initiale. Tant pis. Il la laisse faire.

« La première : ton espèce de garde du corps, là, il a un nom ou ça le vexerait pas trop que je l’appelle la montagne pour les jours à venir ? Ensuite, pourquoi est-ce que tu t’obstines à croire que j’ai vu quelque chose ? Quoique, tu me diras t’étais peut-être trop occupé pour voir que je m’occupais pas de la pièce où vous étiez ou que je regardais le sol. Donc en fait, tu peux oublier cette question, j’ai rien vu, je me fous de savoir ce que vous fichez, pensez juste à fermer la porte si vous voulez me garder dans cet endroit au lieu de me relâcher dans la nature. »

Il marque une pause. Il n’a rien vu. Mais ce n’est pas très difficile de déduire en se basant sur les mots de Swann et la petite lueur d’inquiétude qui s’allume dans ses yeux à chaque fois qu’il évoque la chose, même de manière très implicite.

« Ah oui, et, t’es sûr que ton copain va pas essayer de me tuer dans mon sommeil ? Non parce que dans ce cas-là je préfère autant me barrer d’ici et retourner bosser exclusivement pour le reste de la bande de cinglés qui m’embauche comme mercenaire, j’aimerais bien rester en vie, paraît que ça peut servir. »




Dernière édition par Loki le Lun 15 Aoû - 11:42, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur


Messages : 13
Date d'inscription : 17/11/2015

MessageSujet: Re: Lane boy. [RP test, badabam]   Mer 18 Nov - 22:36

Swann tapote nerveusement du bout des doigts sur le parquet, sa main libre amenant la tasse de thé à ses lèvres. Ca y est, ça commence, le stress, l’inquiétude l’envahi. Alors il fait un dernier aller-retour, ramenant de quoi aquareller. Un bloc de papier gros grains, une palette à aquarelle, un petit gobelet d’eau et un torchon. Il trempe son pinceau fin dans l’eau, caresse un carré de peinture vert pastel avec et l’applique d’un trait assuré sur la première feuille du bloc, sans croquis préalable. Pas besoin. Pas besoin de contour. Pas besoin de préparation. Cela sera au fil de ta pensée. Fiabilité. C’est un grand mot, un grand concept. Cal ? Fiable ? Probablement pas. Pas encore en tout cas. Cependant …
« Maintenant, non. Mais tu apprendras si tu veux ton salaire. Je ne suis pas fabricant de misère, tu auras largement de quoi te loger et te nourrir convenablement. En attendant d’avoir assez économisé, tu logeras dans la chambre d’ami. Cette fois, tu auras une pièce à toi. »


Il ne le regarde pas, son pinceau court sur la feuille, il désigne juste une pièce à l’opposé de sa chambre à lui. Il y ajoute du jaune qu’il dégrade, mélange à certaines portions de verts et ce sont des plantes qui apparaissent, des volutes de feuilles imaginaires qui courent, s’adaptent au support comme ils s’adapteraient à un encadrement au-dessus d’une porte. Swann étire la couleur, écoute, patiemment. Ses doigts se colorent de rouge et de jaune, ses cuisses, sur lesquelles il pose son pinceau lorsqu’il réfléchit aussi. Peu importe. Les questions arrivent, plus nombreuses qu’il aurait cru, pas celles qu’il avait prévu. Pas de questions sur les horaires, la dureté du fameux travail, sur les endroits, sur ce qu’il transporterait. La marchandise sera variée , du tract aux petites « commandes » que réclame de temps à autres Angus et qui sont du ressort de Seis, en passant par les faux papiers qui fournissent suffisamment d’argent pour financer et payer les membres d’Aldebaran qui n’ont pas de double vie. A cette deuxième assertion, Swann réponds très vite, avant qu’il ait pu ajouter la dernière.
« Si tu dis que tu t’en fiche, c’est que tu as parfaitement compris. C’est même d’autant plus dangereux. Je sais me tenir lorsque j’ai un invité. »


Il fatigue, Swann, cela se voit dans la longueur de ses répliques. Mais il veut attendre, il ne veut pas manquer son retour, le dénouement, le début de la ruses, ses explications. La troisième question lui arrache un rire. Pas un rire nerveux, un vrai rire, un petit carillon léger encore. . Il ajoute un peu de rouge à son dessin, terminant la partie en haut à gauche du motif, abandonnant le pinceau sur le sol. Trop fatigué.
« Derrière ses airs de brute de décoffrage, je peux t’assurer qu’Elek - c’est son surnom ici, Elek. Moi, c’est Tabitha. Si tu n’avais toujours pas fait le lien, la chouette d’Aldebaran, c’est lui et moi je suis le chat. Comme la dualité Sase. Il parait que je ressemble à un chat - est quelqu’un de tout à fait civilisé. Il est certes un peu froid aux premiers abords, très têtu, complétement maniaque de l’ordre –c’est à cause de son ancienne éducation, ça laisse des traces. Tu remarqueras que rien ne dépasse dans l’atelier d’ailleurs - mais il est calme, protecteur et pas très envahissant. De toute façon, il n’est là qu’en soirée et encore pas tous les soirs. Chacun sa double vie. Tant que tu fileras droit, j’entends que tu livres les paquets sans encombres et que tu nous reste fidèles, ce que tu fais en dehors de ces murs ne me … ne nous regarde en rien. C’est ta vie, Cal. Tu devrais boire la tasse de thé, ça te réchauffera »




Swann cache un bâillement du bras, repousse le matériel. La chambre en question est prête, Light n’aura qu’à se glisser dans le petit lit.


[color:b6b1=#indianred]
« J’ai assez parlé, maintenant, c’est toi. Tu n’as pas répondu à ma question. Quelle bonne onde t’a amené dans ces eaux dangereuses. Autre qu’un pari stupide. »
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar

Messages : 97
Date d'inscription : 22/06/2014

MessageSujet: Re: Lane boy. [RP test, badabam]   Jeu 19 Nov - 12:02




Pas fiable. Light sourit, machinalement et retient un ricanement. Non. Il n’est pas fiable, pas spécialement. Il le sait, depuis un moment, d’ailleurs, mais d’un côté, et bizarrement, ça le fait sourire que Swann l’admette. Ça le rassure, alors que ça ne devrait pas. Si Swann lui parle de travail, c’est que d’un côté, il lui fait confiance. Il ne devrait peut-être pas lui faire confiance, à moins d’être sûr que son nouvel « allié » ne lui fasse pas faux bond un beau jour. Light n’est pas spécialement du genre à faire faux bond, sauf certains cas.
Ou alors Swann sait très bien que le mercenaire ne risquera pas sa vie à essayer de trahir l’armoire à glace qui aurait pu le tuer en le plaquant au sol. Light ne réfléchit pas toujours avant d’agir, il peut se comporter comme un vrai con, mais il n’est pas non plus stupide.
Il sait qu’il ferait mieux de ne pas trop jouer avec les nerfs de l’autre, de la montagne.

Light soupire, attrape un des biscuits de la boîte. Jamais vu avant. Pas étonnant quand on considère où il a passé l’essentiel de sa vie, mais ça lui est égal. Il croque dedans, et reste légèrement surpris par le goût. C’est sucré. Un peu sec, mais ça lui plaît. Il regarde Swann peindre, en grignotant tranquillement son biscuit. La peinture. Il a toujours été un peu hermétique à la chose, même après six mois passés en tant qu’assistant dans l’atelier du peintre. Il admire les couleurs des toiles, éventuellement.
Il se contente de la forme. Le fond ne lui dit rien. Pour être honnête, il s’en fiche du fond. Light regarde simplement Swann donner des coups de pinceau, ici et là, en terminant son biscuit. L’artiste a l’air fatigué. Ça se voit, ça s’entend. Le jeune marginal l’a déjà vu dans des états de fatigue similaires.

D’ailleurs, au final, Swann pose son pinceau. Light l’écoute, sans rien dire. C’est dur, de trouver une réplique à balancer quand la personne visée n’est pas là. C’est peut-être un peu plus sûr, d’un point de vue sécurité, surtout quand ladite personne visée a commencé par vouloir vous faire la peau. Et ça, Light ne s’en fiche pas. Qu’on veuille lui faire la peau, à la limite, il a l’habitude. Mais ce n’est pas pour autant qu’il n’en a rien à faire.
Au niveau de sa joue et de son épaule, ça commence à démanger. Cicatrisation, foutue cicatrisation. Ce n’est pas la première fois qu’il s’en prend une, mais la démangeaison des tissus qui cicatrisent est toujours aussi agaçante. Il gratte vaguement le pansement sur sa joue.
Ça ne fait pas grand-chose, la compresse est épaisse. Au final, ça démange toujours. Il fait une moue, machinale, à la fin du laïus de Swann.
Décidément, il ne se lassera jamais de l’appeler par son prénom d’origine.

« Mouais. On va dire que pour une première impression faudrait peut-être qu’il pense à revoir le comité d’accueil. Je sais pas, en général ça refroidit un peu les gens d’entendre dire qu’ils vont être noyés, même avec de bonnes raisons. »

Light soupire, à nouveau, et s’étire un peu. Le thé. Ouais, il faudrait peut-être qu’il pense à prendre la tasse, ou quelque chose du genre. Ne pas faire comme six ans plus tôt où il avait décidé, gamin qu’il était, de bouder toutes les tentatives de l’étudiant en art que Swann était pour le faire sortir de sa coquille.
Il tend une main, attrape la tasse.

« Vu qu’il a refroidi je me demande si réchauffer est le bon terme. »

Mais ça, Swann s’en fiche, alors Light rapproche la tasse de son visage. L’odeur de menthe lui parvient, plus ténue, sans doute parce que l’eau a légèrement refroidi. La menthe a une odeur étrange. Assez fraîche, mais pas glaciale. Un peu réconfortante, peut-être. Il n’en sait rien. Le réconfort, il ne connaît pas spécialement.
Il prend juste une gorgée de thé. C’est étrange, pour une première fois. C’est juste de l’eau. Chaude, avec un goût de menthe, légèrement sucré. Ça lui plaît. Alors il continue de siroter la tasse, tranquillement, haussant simplement les épaules pour répondre à Swann.

« Eaux dangereuses ? Tu parles de la Compagnie ou de mon cambriolage raté ? En fait tu dois me porter la poisse, je vois que ça comme option. »

Sourire, léger rire. Peut-être que Swann lui porte vraiment malheur. Les deux fois où il s’est foiré pendant son vol, Swann était là. Il y a six ans, d’abord, et maintenant, ce soir.

« Si tu parles du cambriolage raté, c’était vraiment juste un pari à la con. Je savais pas que c’était vous, sinon j’aurais sans doute évité de prendre le pari. Et comme évidemment vous avez décidé de vous installer dans le niveau deux, bah… j’ai dû me ramener jusqu’ici. Si tu parles de la Compagnie, j’ai juste décidé de les rejoindre. C’est toujours mieux que de dormir dehors, au moins je suis payé. Pour faire le sale boulot, mais faut bien quelqu’un pour le faire. Et c’est certainement pas avec mon palmarès qu’une entreprise « réglo » de cette ville m’acceptera. »

Il hausse les épaules, rebelote, soupire et termine la tasse de thé. Il ne veut de toute façon pas intégrer une des bonnes entreprises de Pelagia. Pelagia s’est suffisamment moquée de lui comme ça. Et de toute façon, si Magnus a vraiment des informations sur lui, il a encore moins envie d’aller essayer de se faire embaucher dans l’une de ces chères entreprises. Aucune ne voudrait d’un gamin des rues, orphelin, qui n’a pas fréquenté l’école longtemps et que les bas-fonds de la ville ont éduqué.

« Je suis payé, j’ai de quoi me payer un appartement. Miteux, petit, mais au moins j’ai un toit au-dessus de ma tête et c’est tout ce que je demande. Je dirai pas non à la chambre d’ici, par contre, mais vous attendez pas à me voir tous les soirs, c’est tout. »

Il regarde Swann.

« Va dormir, t’as une sale tête. »




Dernière édition par Loki le Lun 15 Aoû - 11:42, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur


Messages : 13
Date d'inscription : 17/11/2015

MessageSujet: Re: Lane boy. [RP test, badabam]   Jeu 19 Nov - 19:10

Le temps passe. Pas assez vite aux yeux de Swann. Et trop vite sur son niveau de fatigue. C’est comme s’il y avait un décalage. Il veut attendre, il veut que Seisyll revienne avant de sombrer dans les bras de la fée des rêves. Il combat, il l’air beau, le chef d’Aldebaran, déjà que sa tenue laisse à désirer. Il se balance doucement d’avant en arrière, assit en tailleur face à Light. D’autant plus qu’il a promis de le surveiller le gamin, que ce dernier ne se fasse pas la belle. Il y croit, Swann, même s’il faut être réaliste, il n’est absolument pas en état d’arrêter qui que ce soit, même une souris. Il est vrai que lorsqu’on a la carrure d’une crevette, tout peut paraitre compliqué, notamment ce qui nécessite une force physique. Tabitha n’a pas mentit à Cal. Sauf que contrairement à lui, il a su se rattraper. Swann et sa figure élancée, tout en finesse. Un frisson le traverse alors il se tourne, fouille non loin du gamin pour trainer à lui un vieux plaid et le passer sur ses épaules. Il ne l’écoute que d’une oreille au final. Aucune remarque sur le « comité d’accueil ». A vrai dire, on accueille mieux les gens quand ils ne rentrent pas chez vous par effraction et ne tente pas de vous voler pour quelques milliers en matériel de travail clandestin. Aucune remarque non plus sur le fait qu’il porte malheur. Ça, il le sait déjà. Pas besoin de lui rappeler, des gens lui ont fait la remarque. Il l’écoute vaguement délayer quelques informations derrière son ressenti, il se glisse dos au mur de la pièce, lui faisant signe de se tourner tout en continuant son discours. Cal fini par lui dire d’aller dormir.
« On doit attendre qu’Elek rentre »



Répond-t-il en murmurant. Avant d’ajouter…
« Continue à parler. »



Sa voix le berce, sa tête s’appuie contre un cadre de toile blanche encore. Combien de temps faudra-t-il à Light pour s’apercevoir, dans son discours, que Swann s’est bel et bien endormis, après une vingtaine de minutes de combats contre lui-même pour ne pas sombrer. Son visage est calme, son souffle régulier, on dirait un enfant, innocent et pure. Chose qu’il n’a jamais été véritablement. Ses mains se sont resserrées contre le plaid, s’emmitouflant un peu plus. La température est quasiment constante à Pelagia, acceptable, même si elle a tendance à descendre une fois les éclairages publics éteints. C’est dans sa tête, c’est son imagination mais il n’empêche.

C’est le moment que choisi Seisyll pour reparaitre. Toujours un regard glacial pour Light, regard qui s’adoucit dès que Swann entre dans son champs de vision. Cal est passé au second plan, il l’ignore même presque, il n’y a plus que Swann, uniquement Swann. Si, peut être remarque-t-il le gamin pour lui adresser un unique mot
« Attend »



Un ordre sans âme. Swann d’abord. Seis vient le blottir contre lui, prenant sur lui et sur ses forces pour le soulever et aller le déposer dans la chambre. Leur chambre. Il refermer la porte derrière lui, retourne vers Cal, prenant place sur le tabouret, le surplombant, un véritable plongée pour lui, un contreplongée pour le gamin aux cheveux blancs, qu’il a toujours envie d’étriper, certes, surtout depuis la mise en place de plan avec la dénommée Nine.
« Tu m’écoutes. On va débusquer ton maudit parieur en carton de la manière suivant. Nous avons répandue la rumeur comme quoi la mallette d’Aldebaran est portée disparue et que la dernière fois que l’on t’as vu cette nuit, c’était dans un entrepôt du dock où tu étais allé poser un truc, le tout résidant dans le « truc ». Si on veut que cela marche jusqu’au bout, il faut que tu restes planqué ici. Ça devrait prendre deux ou trois jours. »


Un soupir de dédain s’ensuit
« Je ne pensais pas qu’il existait quelqu’un d’assez stupide pour entrer dans cet engrenage de papier mâché. Franchement, tu ne réfléchis jamais? »

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar

Messages : 97
Date d'inscription : 22/06/2014

MessageSujet: Re: Lane boy. [RP test, badabam]   Jeu 19 Nov - 20:57




« Et tu veux que je dise quoi, sérieusement ? J’ai pas d’histoires à raconter. »

Light a rarement quelque chose à raconter, encore moins quelque chose d’intéressant. En général, personne ne veut de l’histoire d’un gamin orphelin qui a été élevé par la rue et par les coups qu’il devait encaisser, et le gamin en question n’a de toute façon généralement pas envie de raconter cette histoire, parce qu’il a fait une croix dessus. Il refuse qu’on l’appelle par son prénom de base. Il rejette tout ce qui a un lien direct ou non avec ce passé qui a laissé des marques sur son corps et dans son esprit.
Le « gamin » soupire, en relevant la tête. Le plafond est blanc, sans doute, et il n’y a rien dessus. C’est bien le seul truc sur lequel il n’y a rien. Il est ennuyeux, ce plafond, mais c’est toujours mieux que rien. Light hésite à aller se balader dans l’atelier, des fois que la montagne, Elek, revienne et ne décide d’en finir avec lui. Des fois qu’Elek n’ait pas envie d’écouter son compagnon. Des fois qu’Elek ait vraiment une dent contre le cambrioleur a la manque qui attend que le temps passe, adossé à un mur de l’atelier.

« Tu me connais déjà, donc, sérieusement, qu’est-ce que tu veux que je te dise ? Qu’il fait beau ? Y a pas vraiment de saisons ni de météo dans cette… ville. Tout ce que je peux te dire c’est qu’un type s’est pris cinq points de suture à blanc ce matin pour avoir essayé d’emmerder la mauvaise personne. Mais c’est le niveau trois, en même temps, donc y a rien d’étonnant là-dedans. »

Light est nul. Nul pour raconter des histoires, encore plus nul pour tenir une conversation. Light sait balancer des piques, des remarques amères, jeter des regards assassins, utiliser un flingue, encaisser et mettre des coups. Le mercenaire soupire. Il n’a pas pris son Derringer avec lui. C’est mieux, de ne pas avoir d’arme, quand on se fait choper en plein cambriolage, et habitué des ratés qu’il est, il a anticipé le coup. Mais le contact de la crosse de l’arme sur sa paume lui manque.
Il est rassurant, ce contact. Et le Derringer est une toute petite arme, discrète, qui se glisse facilement dans une poche. Toujours plus discret qu’un Colt Python ou qu’un Colt 45. C’est l’avantage du Derringer : il peut être introduit dans n’importe quelle pièce de Pelagia sans se faire remarquer avant le premier coup de feu.

Light quitte sa contemplation du plafond et regarde Swann. Swann qui ne dit rien, qui a l’air de dormir. Un vague sourire passe sur les lèvres du mercenaire, disparaît aussitôt.

« T’es sérieux ? Attendre ? Ouais, c’est sûr que tu vas attendre, là. »

Les minutes continuent de passer, à la même folle lenteur qu’avant. C’est même pire, maintenant que le seul interlocuteur de Light dort comme une masse, pas l’air plus dérangé que ça d’être sur le sol. Light s’en fout, pour être honnête. Dormir par terre, il a l’habitude. Il le ferait aussi, s’il avait sommeil. Mais comme souvent, il joue les oiseaux de nuit et traînera des pieds en journée, avant de finalement s’effondrer, peut-être, à moins qu’il ne redevienne éveillé une fois les spots du niveau 3 éteints.
Un énième soupir lui échappe, accompagné d’un juron, et il décide qu’il se lève, ne serait-ce que pour se dégourdir un peu les jambes. C’est pile ce moment-là que choisit la montagne, pardon, Elek, pour rentrer. Le bruit de la porte qui s’ouvre fait se figer le mercenaire sur place.

Il ne répond pas au regard glacial que la montagne lui lance. Il l’ignore. Il faudra peut-être qu’il s’habitue à ces regards glaçants, surtout s’il doit vraiment commencer à bosser pour eux s’il veut éviter de finir noyé comme casse-croûte pour les requins. Tout ce que Light fait, c’est étirer ses jambes avant de se rasseoir, sans vraiment savoir pourquoi il ne reste pas debout. L’envie de rester de ce monde, sans doute. Il attend, comme la montagne, pardon, Elek, lui a ordonné de le faire, sans rien dire, pianotant juste dans le vide en regardant l’atelier.
L’écouter. Light retient une grimace. Comme s’il avait le choix de l’écouter, de toute façon. Il a plutôt l’impression qu’au moindre mot, Elek lui fera regretter d’être toujours en vie.
Alors il l’écoute, sans rien dire, se contentant d’afficher son air blasé et désintéressé de toujours. L’air qui dit « cause toujours, tu m’intéresses », alors qu’il écoute vraiment ce que son geôlier du moment a à lui raconter. Il dodeline vaguement de la tête, regarde ailleurs dans l’atelier, essaie de comprendre certaines toiles de Swann, puis abandonne, et reporte son attention sur Elek.
Il esquisse un vague sourire à moitié moqueur, c’est plus fort que lui.

« Si je réfléchissais, de un, ça se saurait, de deux, tu serais pas ici à avoir envie de me faire la peau. Parce que t’as envie de me faire la peau, ça se voit. »

Rien de bien compliqué. Elek est tendu. Et le ton de sa voix en dit sans doute plus long qu’il ne voudrait. Réaction normale quand on considère ce que Light à fait. Le mercenaire hausse les épaules, passe une main dans sa tignasse trop grise pour son âge, puis soupire.

« Je te ferais bien un topo du pourquoi du comment j’aime pas réfléchir, mais ça t’intéresserait pas, et moi, j’ai pas envie de te le faire, de toute façon, ce topo. Alors qu’est-ce que tu veux que je te dise ? Fais comme tu veux, je m’en fiche. Tout ce que je demande c’est de pouvoir retourner dans ce qui me sert d’appartement chercher quelques affaires, parce que si je dois rester ici deux ou trois jours ça risque de m’être utile d’avoir de quoi me changer. »

Nouveau haussement d’épaules de la part du mercenaire. Qu’Elek l’autorise ou pas, de toute façon, il ira. Il se prendra sûrement une volée à son retour, Swann pourra l’engueuler de toutes les façons possibles, Elek pourra essayer de lui disloquer les vertèbres, il n’en aura rien à cirer. Il a vécu trop longtemps dans la rue. Il aime avoir des vêtements propres et ne pas avoir l’impression d’être pris dans une gangue de poussière.
D’ailleurs, tant qu’à faire, il se lève.

« Et puis comme tu l’as souligné, je réfléchis jamais, donc je vais y aller, avec ou sans ton aval, je m’en contrefous. Je reviendrai, c’est tout ce que je peux te dire, et j’essaierai de pas passer par la fenêtre si ça peut t’éviter de t’énerver. »




Dernière édition par Loki le Lun 15 Aoû - 11:43, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur


Messages : 13
Date d'inscription : 17/11/2015

MessageSujet: Re: Lane boy. [RP test, badabam]   Jeu 19 Nov - 22:49

C’était un fait avéré. Il ne réfléchissait pas. Jamais. Sa matière grise était entrée en léthargie complète, avait-elle seulement un jour fonctionné pour prévoir. Elek ne comprend pas les gens sans prévoyance, lui qui en a été dotée de manière innée. Soyons franc, ce gamin l’énerve. Mais Swann a dit, Swann sert de garde-fou dans ce genre de cas. Et il a raison, on ne peut pas tuer les gens comme ça. Même si c’est plus pratique pour être sûr qu’un secret ne soit pas éventé. On apprend ça à Magnus. Light aussi l’a remarqué d’ailleurs. Qu’il a envie de le tuer depuis tout à l’heure. Par contre, lui, il n’as pas pleinement conscience de l’aspect garde-fou du peintre, même endormis. Et c’est tant mieux, c’est une marque de faiblesse qu’il ne veut pas laisser paraitre. Des fois qu’on se serve de Swann, qu’on le prenne en otage d’une manière ou d’une autre pour cette raison. Un sale gosse. Voilà ce que Tabitha a « invité » Aldebaran. Le même regard de dédain que les gamins du niveau 1 qu’il ne peut plus encadrer. Il ne l’écoute pas et ça l’énerve. Sa réponse l’énerve … et le réjouit à la fois. Tu veux vraiment partir. Un sourire en coin, il se fait discrètement craquer les phalanges.
« Puisque tu as conscience que tu m’énerve au plus haut point et qu’en plus, ta réaction me permet d’utiliser des moyens plus coercitifs. Tu ne comprends le mot « réclusion » ? Soit. »



Il s’approche de lui, doucement. Avant de lui assener un violent coup dans la mâchoire. Suffisamment pour l’assommer. Pas suffisamment pour la lui casser. Il rattrape le poids mort au moment où s’écroule pour ne pas qu’il tombe au sol. Bon l’assommer, c’est bien mais maintenant, il faut le stocker. Seis traine le poids mort jusqu’à la chambre d’ami. Il retire les planches superflues qu’il range sous le lit, installe un oreiller et des couvertures afin d’installer un lit de fortune. Au moins, quand il se sera réveillé et qu’il en aura assez de taper contre les lourdes portes en chênes, il aura un endroit qui l’incitera à dormir. Reste à installer le corps inerte, à vérifier qu’il est juste inconscient –comment ça, juste maintenant-et l’enfermer à double tour dans le placard, en laissant la clé dessus pour empêcher toute tentative d’évasion de l’intérieur. Seis se gratte l’arrière du crâne. Swann va râler, pour sûr. Tant pis, se dit-il en se dirigeant vers leur chambre, se mettant à l’aise avant de rejoindre le chat endormi profondément dans le grand lit. Il le regarde, de longues minutes, passant un bras protecteur autour de sa taille sous les draps et s’endormir à son tour sans demander son reste.

C’est Swann qui se lève avec les aurores, en pleine forme. C’est aussi Swann qui, douché et changé, prends l’appel de Nine annonçant que le traquenard avait marché. C’était à la Compagnie de juger ce voleur, ce briseur d’alliance et qu’elle n’avait pas plus d’informations. Tabitha l’avait remercié chaleureusement avant d’annoncer la nouvelle à Light, si ce dernier n’était pas encore levé. Sauf qu’il trouve la chambre vide et le lit non défait. Moment de panique, le voilà qui repart vers la chambre, secouant Seisyll qui ronfle encore. Il n’a pas dormi ici, Seis. Cal est introuvable. Dans le placard, grogne Elek dans son début de barbe. Quoi, le placard ? demande Swann, intrigué. J’ai dû l’assommer et l’enfermer dans le placard. Faut peut-être le délivrer là, je pense qu’il a compris. Swann est livide, s’énerve, colle une baffe sans ménagement à son amant. Il est claustrophobe comme toi, crétin. Tant pis pour lui, rétorque la Chouette. Les forces des chats ne sont pas suffisantes pour lui faire vraiment mal et il se rendort presque aussitôt. Pas suffisamment réveillé pour voir la colère de son amant. Swann, lui, court à toute vitesse pour aller libérer Light de sa prison de bois, l’aidant, une fois les portes ouvertes, à s’en extirper et le faisant s’assoir sur le lit, ne lâchant pas sa main. Il se sent impuissant, coupable aussi, inquiet.
« Cal ? Respire, d’accord ? Respire. Tout va bien maintenant. »


Agissant comme s’il réconfortait un enfant.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar

Messages : 97
Date d'inscription : 22/06/2014

MessageSujet: Re: Lane boy. [RP test, badabam]   Jeu 19 Nov - 23:45




Pas le temps de réagir. Il a eu la mauvaise idée de se retourner pour décocher un dernier regard à peine intéressé à Elek, il n’aurait pas dû. Il n’a pas le temps d’esquiver le poing qui s’abat sur sa mâchoire. La violence du coup fait plus que le sonner, il voit littéralement des étoiles avant de sombrer dans l’inconscience avec un grognement. Il paraît qu’il devrait réfléchir un peu plus, surtout à ce qu’il dit, mais c’est un conseil comme beaucoup d’autres qu’on lui a donnés : il ne l’a pas écouté, il n’en voyait pas l’intérêt. Les autres ne l’écoutent jamais, pourquoi se casserait-il la tête à les écouter ? Pour lui, ça ne rime à rien. Ça n’a juste pas d’intérêt.
Le pire, c’est qu’il voulait juste vraiment aller se chercher des affaires de rechange. Il aurait été discret, comme la situation l’exigeait, parce qu’il n’avait pas envie de se faire écharper par Elek à son retour. D’ici que le « jour » se lève, que les spots s’allument dans le niveau 3, il pourra dire adieu à la discrétion qu’une obscurité quasi complète lui aurait apporté. Il aura, de son point de vue, toutes les raisons du monde d’en vouloir à la Chouette, mais plus tard.

Quand il reprend conscience, il fait noir. Il y a une odeur de bois vernis, aussi. Ça, et une douleur persistante au niveau de sa mâchoire. Light lève une main, la pause dessus et l’écarte aussitôt, lâchant un sifflement de douleur. Il est bon pour un superbe hématome. Tout ce dont il se souvient, c’est du poing d’Elek arrivant dans sa direction et d’un sol qui se rapprochait trop vite pour être honnête. La déduction est simple, la montagne a décidé de l’assommer avant de… l’enfermer.
Light pose ses mains à sa droite et à sa gauche. Des parois. Des deux côtés. Il en sent une derrière son dos, et une autre contre ses pieds. Son cœur commence à s’accélérer, doucement, mais sûrement. Chaque battement est plus rapide que le précédent. Il se sent battre derrière ses côtes, il entend presque le sang pulser à ses oreilles, et ses mains continuent de tâtonner contre les parois en bois de l’endroit où il est enfermé. Un cagibi ? Non, ça n’a pas l’être d’être un cagibi, c’est trop étroit pour en être un.
La seule option qui reste, c’est le placard, mais ça, Light s’en fout. C’est un endroit étroit, hermétiquement clos, et dont il n’a aucune chance de sortir sans aide. Ça lui suffit amplement pour commencer à se laisser doucement envahir par l’angoisse et la panique. Il baisse la tête, se mord la lèvre. Sa main droite commence tout doucement à cogner contre la paroi du placard.

« L’enfoiré… Mais l’enfoiré… Bon sang, ça fait mal en plus, qu’est-ce qu’il avait besoin de frapper comme ça… L’enfoiré. »

Sa main cogne un peu plus fort, un peu plus vite. Light ramène ses genoux le plus possible contre lui, essaie de se tourner du côté de la paroi où sa main continue de cogner, à chaque fois un peu plus vite. Il laisse sa paume glisser le long du bois, avant de replier les doigts, de laisser ses ongles gratter la surface lissée par le vernis. A ses oreilles et à ses tempes, il y a toujours la pulsation du sang qui atténue doucement son ouïe. Bientôt viendront les sifflements aigus.
Light frappe contre la paroi du placard. Il sent le meuble frémir, et recommence. Un coup, deux coups, trois coups.

« EH ! Ouvre cette satanée porte ! Allez ! Si tu attends que je vienne te supplier c’est pas la peine, ouvre cette… foutue porte ! S’il te plaît, ouvre cette porte ! Ouvre-la… tu me donnes pas envie de rester, ouvre cette foutue porte, espèce de cinglé ! »

Rien à faire. Il a beau crier, s’écorcher les cordes vocales en jurons, insultes, et en demies supplications, rien n’y fait. La porte ne s’ouvre toujours pas. Derrière le martèlement de ses mains contre la paroi du placard, il n’y a toujours pas de bruit de pas. Pas plus qu’il n’y a la voix menaçante d’Elek pour venir lui dire de se la fermer.
Au bout d’un moment, Light arrête de crier, la gorge sèche, douloureuse, l’ecchymose continuant de s’étendre sur sa mâchoire, de lui faire mal. Il se recroqueville sur lui-même, autant qu’il peut dans ce placard exigu. Il se force à respirer calmement, mais il n’a qu’une envie, c’est de céder complètement à la panique, jusqu’à s’arracher les ongles en grattant la porte close du placard.
Une larme roule le long de sa joue. Suivie d’une autre. Light les essuie d’un revers de manche rageur, glapit de douleur quand son coude se cogne au fond du placard – à moins que ce ne soit la porte, il n’en sait rien, il fait trop noir – et peste à moitié avec une voix à demi éteinte.

Il ne peut pas faire grand’chose d’autre qu’attendre. Attendre qu’éventuellement, Elek décide de venir le délivrer de sa prison en planches vernies. Ses mains agrippent les manches de son polo, ses ongles raclent le tissu quand il serre les doigts et il fixe un point, quelque part, dans le noir, laissant d’autres larmes glisser le long de sa peau. A chaque fois, un revers de main les enlève, rougit l’épiderme, mais il s’en fout.
Il attend, simplement que les heures passent, à une lenteur horrible, donnant parfois un coup de pied ou de coude dans ces parfois qui ne veulent pas s’ouvrir. Il finit par perdre la notion du temps.

Il ne fait pas attention aux bruits de pas qui viennent dans la chambre. Qui l’arpentent, avant de repartir aussitôt. Il ne fait pas plus attention quand ces même pas reviennent, dans sa direction.
Tout ce qu’il sait, c’est que quand la porte du placard s’ouvre, la lumière lui fait mal aux yeux, et il a du mal à savoir qui vient le délivrer. La main sur son poignet le renseigne : c’est Swann. Il se laisse faire, traîner. Ses jambes veulent à peine le porter, il a juste envie d’aller, ironiquement, se blottir dans un coin pour qu’on l’oublie, s’éloigner le plus possible du placard.
Il écoute machinalement le conseil du peintre, se force à respirer à fond, les yeux rivés vers le sol. Une autre larme choisit ce moment pour commencer à rouler sur sa joue.

Light dégage aussitôt sa main de celle de Swann et se détourne, bougeant presque à l’autre bout du lit.

« Laisse-moi ! »

Il hésite, tout de même. A-t-il vraiment envie que Swann le laisse seul, alors qu’il est sans doute la seule présence rassurante de cette baraque ? Un peu oui, un peu non. Il a envie d’être seul, mais pas complètement. A la limite, il a peut-être envie qu’Elek l’oublie définitivement.

« Va plutôt dire à ton copain que c’est un immense connard. »

Il se passe un nouveau revers de manche rageur sur la figure et reste détourné de Swann. Finalement, si, il se dit qu’il préfère être seul, quitte à fermer cette porte de chambre à clef, ce qu’il ne fera jamais.




Dernière édition par Loki le Lun 15 Aoû - 11:43, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur


Messages : 13
Date d'inscription : 17/11/2015

MessageSujet: Re: Lane boy. [RP test, badabam]   Ven 20 Nov - 0:16

Elek remue un peu sous la couette, face à la baffe et à tout ce remue-ménage. Adieu grâce matinée et ce de manière définitive visiblement, à voir Swann s’exciter dans tous les sens. Il est fâché, Swann, ça n’arrive pas souvent et il faut un peu de temps à Seis pour recoller les morceaux du puzzle et savoir ce que ce dernier lui reproche. Il a intérêt à le savoir, la dernière fois qu’il n’a pas su , il s’est pris un pot de peinture jaune retourné sur la tête avec un grommellement du style qu’il était devenu une œuvre d’art maintenant et qu’il n’avait plus intérêt à recommencer à dénigrer le domaine d’Arsase. Bon, cette fois ci, c’est quoi. Ah oui. Light-le-courageux-claustrophobe dans le placard. Light-je-n’ écoute-rien-ni-personne qui avait manqué de faire capoter son plan pour comprendre qui en avait après sa mallette aux merveilles en défiant son autorité et en tentant de sortir malgré son interdiction formelle. Et Swann qui ne le juge pas, Swann qui ne voit que le bon côté du gamin. Jalousie. Aussi étrange que cela puisse paraitre, elle est apparue, latente, ce qui le rend encore plus détestable face au gamin. Jamais il n’avait eu à « partager » l’artiste de la sorte, jamais il n’avait été mis en « concurrence » comme cela. Seisyll soupire, finit par se lever pour s’habiller, repassant la chemise et le pantalon de la veille, pas encore bien réveillé. Il se dirige, amenant une cigarette à ses lèvres, vers l’encadrement de la porte de la chambre d’ami pour observer la scène. Swann vient de s’être fait éconduire, lui s’est fait traiter de connard mais il s’en fiche. Même immense connard, ça ne lui fait absolument rien. Et parmi les choses qu’il ne remarque pas ou qu’il ne veut pas remarquer, il y a les larmes du gamin. Et elles, Swann les a vue, elles renforcent son sentiment d’impuissance. Il ne s’impose pas, range sa main et repars en fermant la porte de la chambre vers la salle principale, agrippant la manche de Seis pour l’entrainer.

Il y a un long silence. Puis une explosion de colère, des mots très durs, aucunes insultes, surtout pas de la part de la voix la plus grave qui, même dans l’excès de colère, ne se veut jamais grossière. On s’invective, si Light pouvait voir la scène, peut-être la voit-il, il verrait Swann sembler gonfler pour se donner de l’importance, hausser les épaules, bomber le torse pour se donner de l’importance. Comme un chat. Tandis que Seisyll effectue des rondes, tel un rapace autour de sa proie. Une des réprimandes du félin tonne plus que d’autres. C’est un gamin, Seis ! Un Gamin ! Un gamin qui se débrouille seul depuis qu’il est tout petit et n’a jamais été soumis à une autre autorité que celle des lois de la violence et du plus fort ! Tu étais vraiment obligé de rajouter une couche ?! Ta couche ?! Finalement, la porte d’entrée se claque violement, laissant Swann seul qui dégonfle. Et avec son apparence suit son armure, les larmes amères qu’il tente de chasser, âcre, au creux de sa gorge. Il se reprend, suffisamment à vite marchant lentement vers la porte de la chambre d’ami, toque légèrement. Il inspire, sa voix est rauque.

«Il est … parti. »




Un silence, une longue pause

« Antonine … a appelé ce matin, le parieur est tombé. Tu es de fait … libre d’habiter où bon te semble. Je comprendrais … que tu veuilles partir tout de suite mais … Ne veux-tu pas déjeuner et te laver d’abord ? Je dois avoir des vêtements à ta taille à te prêter . Tu veux bien … m’ouvrir ? »
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar

Messages : 97
Date d'inscription : 22/06/2014

MessageSujet: Re: Lane boy. [RP test, badabam]   Ven 20 Nov - 11:22




Swann s’en va, et c’est tout ce que Light demande. Il écoute le bruit de ses pas sur le sol et ne se risque à tourner la tête que lorsqu’il est bien sûr que le peintre est en dehors de la pièce, en dehors de la chambre. Quand les mots commencent à fuser, dans l’autre pièce, il se lève et reste un instant planté là, à côté du lit, triturant machinalement le tissu de ses manches. Il écoute, malgré lui, le début de la dispute entre Swann et Elek. Il a envie que ça s’arrête. Que les mots arrêtent de partir dans tous les sens. Ça lui rappelle la rue. La rue qu’il a abandonnée derrière lui, la rue qu’il ne veut plus jamais revoir.
Light fait les quelques pas qui le séparent de la porte de la chambre. Il attrape la poignée et referme le battant d’un coup sec. Que les deux autres l’entendent claquer, il s’en moque. Il reste contre la porte, la main crispée sur la poignée, les yeux rivés sur la clef dans la serrure. Fermera, fermera pas. Finalement, le mercenaire lâche la poignée et se détache du panneau de bois. Il ne fermera jamais cette porte à clef, il aurait peut-être préféré ne jamais avoir à fermer cette porte tout court.

Quand il se retourne, il voit le placard. Sa tête se détourne et il retourne s’asseoir au bord du lit, fixant le sol. Il se penche pour défaire les lacets de ses chaussures, les retire l’une après l’autre et reste un instant statique, à continuer d’écouter le bruit de la dispute entre l’artiste et le maître des faux papiers.
Light soupire, résiste à l’envie de se laisser tomber en arrière et de rester là, à fixer le plafond. Il incline la tête de côté, à gauche, à droite, puis se repasse une main sur la joue en grimaçant. Il préfère ne pas savoir quelle tête a l’hématome qu’Elek lui a gentiment laissé, mais il se doute que ce n’est pas joli à voir. Ça date de quoi, la veille au soir ? A peine, tôt le matin même. Il doit encore être bleu violacé, cet hématome.
Finalement, Light se lève. Il se baisse pour attraper une des chaussures, avant de la lancer à l’autre bout de la pièce d’un coup sec, rageur. Ça n’arrangera rien, mais il s’en fiche. A défaut de pouvoir se servir d’Elek comme punching-ball – il en rêve, et ça restera sans doute un rêve – il trouve le moyen de se défouler comme il peut. Ça ne sert pas à grand’chose.

Il a toujours l’impression d’un petit quelque chose, logé dans ses coudes, ses épaules. Une espèce de gêne, agaçante, qui lui dirait qu’il pourrait faire mieux, frapper plus fort, plus vite. Alors Light attrape la deuxième chaussure, et la lance cette fois-ci contre le placard, qui chancelle, mais tient bon. Ça l’énerve encore plus. Il a envie de mettre ce placard en pièces, en lamelles, en allumettes qui ne serviront à rien sinon à allumer les cigarettes d’Elek.
Il serre les poings, jusqu’à sentir ses ongles s’enfoncer dans sa peau.

Finalement, de l’autre côté de l’appartement, c’est la porte d’entrée qui claque. Light tourne la tête vers la porte de la chambre, toujours fermée. Il ne se demande même pas qui a claqué la porte, la réponse a l’air de sonner comme une évidence. Toute la tension retombe, il soupire et va finalement se laisser tomber sur le lit, regardant le plafond pendant quelques secondes, avant de se tourner sur le flanc, face au mur, ramenant légèrement ses jambes contre lui, un bras sous sa tête. Il préfère savoir qu’il n’y a rien qu’une pièce vide derrière lui, il ne veut pas regarder le placard maudit dans lequel il a terminé sa nuit.
Il continue de fixer le mur, même quand Swann frappe à la porte. C’est Elek qui est parti. Parti où, pour faire quoi, Light s’en fout. Tout ce qui importe, peut-être, c’est que son tortionnaire du moment soit parti.

Il y a un long silence qui passe, avant que les autres nouvelles n’arrivent. Le parieur est tombé. Un rictus passe sur le visage de Light. Tant mieux. Ça lui fera un souci en moins, quelqu’un de moins à qui avoir des comptes à rendre sous la forme d’un ou deux coups bien assénés.
Machinalement, Light tourne légèrement la tête vers la porte, puis se remet à fixer le mur.

« C’est pas fermé à clef. »

Plutôt retourner dans le placard que de fermer cette porte à clef. Light ne bouge pas, même quand il entend la porte s’ouvrir. Ce n’est qu’une porte, ça n’a jamais rien fait, une porte, à part se mettre dans le passage des gens. Si, à la limite, une porte, ça fait mal, mais c’est tout.
Pour un peu, il sentirait le regard de Swann sur sa nuque.

« J’ai pas faim. »




Dernière édition par Loki le Lun 15 Aoû - 11:43, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur


Messages : 13
Date d'inscription : 17/11/2015

MessageSujet: Re: Lane boy. [RP test, badabam]   Ven 20 Nov - 19:54

Il se contient, Swann, il hésite. Il n’ose pas ouvrir la porte et ce, même lorsque Light lui indique qu’elle est ouverte. Il s’essuie ses yeux humides d’un grand coup de bras, dans la manche de sa chemise pour ne rien laisser transparaitre. Il faut à la fois scinder et réunir les événements, bien qu’ils soient liés. Il finit par s’éloigner, pour aller fouiller dans son armoire, dégottant pour son protégé un pantalon de laine brune, une chemise blanche et un pull de couleur verte. Il revient, les bras chargés, ouvrant doucement la porte pour déposer son petit paquet à l’opposé du lit. Il triture ensuite ses mains avant de reculer, lentement pour le laisser, il sortirait lorsqu’il en aurait envie de toute façon et ce, probablement pour quitter de manière définitive l’appartement. Alors Swann tente de faire comme si de rien était. Il n’a pas envie de peindre, il n’a pas d’inspiration, elle a été coupée en même temps que son appétit. Alors il ouvre la mallette, celle que Cal a tenté de voler un peu plus tôt. Il en vide le contenu à grand fracas sur le parquet pour mettre la main sur le carnet de « compte » et celui de « commande ». Faire le point sur les livraisons, le travail attendrait la fin de la querelle amoureuse, la querelle de principe. Swann tri des enveloppes de papier krafts sur lesquels sont inscrites au crayon de papier du code, dont il connait les significations par cœur et un numéro. S’ensuit un long travail, installé en tailleurs sur le sol, à la même place qu’hier en fait. Il vérifie le contenu, si la commande a été payée. Pour cela, Seisyll est d’une précision minutieuse et d’un protocole presque administratifs. Chaque enveloppe est ensuite scellée à l’aide d’un peu de cire d’un rouge sombre. Il laisse sécher ensuite et met de côté. Ce sera le travail de Light s’il l’accepte. Ou s’il se sent obligé d’accepter.

Swann déglutit, encore, repense à ce qui s’est passé les larmes remontent, trouble son regard, s’échouent sur le carnet de compte, en fait couler l’encre. Le peintre maudit sa faiblesse, tente de rattraper la bêtise avec son doigt pour essuyer. La pièce lui semble immense, il a toujours été beaucoup trop émotif, après tout, on ne crée pas sans émotion. Il faut oublier, se changer les idées, alors il se redresse, laissant les enveloppes sur un des plans de travail de la pièce pour ne pas les oublier. Il n’attend pas d’invité et personne n’est là pour lui rappeler que Magnus révérait d’épingler à son tableau de chasse Tabitha le chat. Il cherche Cal, ne sait pas où il en est de ses réflexions, s’il est allé prendre une douche, s’il a trouvé la salle de bain de carreaux de faïence décoré pour y faire ses affaire, si on contraire il est resté dans la chambre à méditer. Il n’est pas sorti, il l’aurait vu. Alors Swann remet un masque, celui qui dit que tout va bien, reprend ses habitudes d’il y a six ans, appelle son assistant d’alors et peut être de maintenant.




« Cal ? Tu es là ? J’ai … quelques choses à t’expliquer … pour les livraisons. Et puis même si tu n’as pas faim, il faut peut-être penser à midi … Ça te dit de manger quelque chose que toi ou moins on irait chercher dans un restaurant du quartier, à emporter ? Je paie, bien sûr. »


Le cuisinier en chef du lieu est parti et Swann cuisine vraiment très mal. Même lui en a parfaitement conscience.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar

Messages : 97
Date d'inscription : 22/06/2014

MessageSujet: Re: Lane boy. [RP test, badabam]   Ven 20 Nov - 20:47




Au final, il ne se passe rien. Swann dépose juste quelque chose à l’autre bout du lit avant de quitter la pièce, et Light reste là, à fixer le mur devant lui, sans décrocher un mot de plus. Il laisse le peintre s’éloigner sans refermer la porte, trop occupé à regarder ce mur peint en blanc qui se trouve devant ses yeux. Il aurait pu dire quelque chose. Il aurait pu tourner la tête, dire quelque chose à Swann. Quelque chose de réconfortant, peut-être. Mais Light n’a jamais été doué pour réconforter les autres, il n’a jamais été doué pour dialoguer tout court. Consoler, il ne connaît pas, c’est en dehors de son domaine d’expertise, et même s’il avait pensé à balancer une sale pique, il ne sait pas quoi dire.
Elek a réussi son coup. La montagne a fini par rendre Light muet. L’hématome à sa mâchoire fait office de cachet de cire sur ses lèvres : les bouger revient à sentir une douleur lancinante au niveau du bleu. Rien de très agréable. Toujours occupé à fixer son mur, Light se demande ce que ça ferait s’il partait. Là, maintenant, tout de suite.

S’il les plantait, Swann et Elek, avec leurs histoires de livraisons. Il peut toujours décider de s’en aller, après tout, l’artiste le lui a dit. Et l’envie est tentante. L’envie d’abandonner son geôlier tortionnaire à ses petites affaires pour l’avoir enfermé toute la nuit durant dans un placard, lui avoir laissé ce bleu en guise de cadeau. Light est rancunier, vindicatif quand il s’y met, ce ne serait pas la première fois qu’il laisse tomber quelqu’un pour un échange de coups. Mais les choses sont différentes, avec Elek. Comme si le courant était voué à ne jamais passer entre la montagne et le mercenaire.
Light s’en fout, de devoir le détester toute sa vie, tant qu’il ne lui sert pas de punching-ball à chaque fois qu’il prononcera un mot à l’encontre des directives de la Chouette. Il s’en fout, aussi, des directives de la chouette, Light ne sera le chien fidèle de personne, et certainement pas d’Elek. Pas dans les circonstances actuelles.

Light soupire, s’appuie sur son coude pour se redresser et balaie la chambre du regard. A côté, il y a du bruit. Le bruit des choses qu’on laisse tomber sur le sol. Ce bruit, Light le connaît bien. Dans les rues du niveau 3, c’est quelque chose de familier. Les choses qui tombent. Les gens qui tombent. Un soupir lui échappe. Tout dans son environnement a l’air décidé à lui rappeler qu’il a été éduqué par les ruelles des bas-fonds de Pelagia.
Il y a des vêtements, de l’autre côté du lit. Laissés par Swann. Light attrape le bout d’une des manches du pull et le ramène vers lui. Définitivement pas ce qu’il a l’habitude de porter, mais la matière est douce. Et ce sera toujours mieux que les fringues qu’il se trimbale depuis la veille et qui ont pris la poussière et l’asphalte.
Light soupire, à nouveau,  et se lève, attrapant les vêtements avant de sortir de la chambre. Swann est dans l’atelier, à la même place que la veille, celle où il était quand ils ont discuté en l’absence de… l’autre.

Le mercenaire trouve ça plus commode de l’appeler l’autre. Il ne veut plus vraiment entendre parler d’Elek pour le moment. Il attendra la fois où il pourra lui rendre la monnaie de sa pièce. En attendant, il cherche la salle de bains, et quand il l’a trouvée, il ferme la porte, sans tourner le loquet. Il ne lui fait pas confiance, à ce loquet, Light.
Il se déshabille, simplement, en faisant couler un fond d’eau dans la baignoire avant de s’y asseoir et d’actionner le pommeau de la douche. Il l’a laissé accroché au mur. Il se contente de lever la tête, les yeux fermés, et de laisser les gouttes d’eau lui tomber dessus. Et là, qu’est-ce que tu fais ? J’en sais rien, je crois que ça s’appelle essayer de se noyer sous la douche, ou une connerie du genre. Un rictus passe sur son visage. Pour quelqu’un qui avait eu peur à l’évocation d’une mort par noyade selon les principes de l’autre, rester comme ça le visage sous l’eau déversée par un pommeau de douche ne fait pas beaucoup d’effet.
C’est qu’une douche.
C’est pas comme si c’était facile de se noyer dans vingt centimètres d’eau.
Light prend son temps, piquant un peu de savon au duo de parfaits contraires pour finir de se laver, leur empruntant une serviette pour se sécher avant de passer les vêtements que Swann lui prête. Il plie vaguement les siens, et les ramène dans la chambre.

Ensuite seulement, il retourne voir le peintre, ses cheveux continuant de dégoutter sur ses épaules malgré le séchage dont ils ont bénéficié.

« Ca te va pas, de pleurer. »

Zéro en réconfort, zéro en tact. Light n’a jamais été doué pour parler aux autres, on ne lui a jamais appris les bénéfices du choix des mots quand il s’agit de tenir une conversation. Une conversation, c’est un échange, et Light est simplement nul pour échanger.
Il hausse les épaules.

« T’es pas obligé de payer. Si t’as des œufs, je peux faire une omelette. »

Il marque une petite pause, machinalement.

« Ce sera pas du grand art, mais bon, ça restera mangeable si ça peut te rassurer. C’est un des avantages d’avoir passé sa vie dans la rue, t’apprends à te débrouiller avec ce que t’as et à faire en sorte que ça soit pas dangereux pour ta survie. »

Survivre, paraît que ça sert.




Dernière édition par Loki le Lun 15 Aoû - 11:44, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur


Messages : 13
Date d'inscription : 17/11/2015

MessageSujet: Re: Lane boy. [RP test, badabam]   Sam 21 Nov - 0:35

Le masque s’est fendu, il a craquelé en même pas quelques instants, suffisamment pour que Cal, visiblement sorti de la douche, en remarque la fausseté. Pourtant, Swann fait tout pour reprendre ce masque, le garder. Il en est persuadé, il ne peut pas se permettre ce genre d’excès, pas sans soutien qu’il soit artistique ou physique. Sauf que là, son soutien, Elek, a disparu. Qu’il est la cause de ces larmes. Il parait qu’il faut parler de ce qui tracasse pour se libérer du poids, de la boule dans la gorge. Encore faut-il pouvoir en parler. Et ce n’est pas contre Cal qu’il va aller chercher du réconfort, ce n’est ni son rôle, ni dans ses attributions, ni dans son caractère et quelque chose lui dit que s’il fait ou demande ça, cela risquerais d’être mal interprété, pas de la même manière certes, par les deux. Il n’a personne d’autre à appeler, à qui se confier. Quant à ses toiles, elles restent désespérément muettes, ne lui accordant rien d’inspirant qu’il puisse inscrire, la couleur ne chante plus. Pour comprendre ses tableaux, il faut les fixer longtemps, prendre le temps d’imprimer les nuances sur sa rétine pour en décerner les modelés et les contours. Prendre son temps. Presqu’un gros mot à Pelagia où le temps passe toujours très vite, trop vite. On n’a pas le temps, il faut vivre, continuer d’avancer. Un choix. Le mensonge.
« Mais je ne pleure pas. »


Mauvais menteur. Il n’a jamais su embrouiller les gens. Mais il l’appui, il s’en persuade. Il ne pleure pas, il ne pleure plus. Plus pour aujourd’hui. Jusqu’à ce soir, lorsqu’il dormira seul et que les cauchemars reviendront le tourmenter, comme un enfant et qu’il n’y aura plus personne pour le secouer. Tout cela attisé par sa peur du noir. Une peur puérile, certes, mais une peur qui est là, existe. Pour l’instant, il faut oublier Seisyll, se concentrer sur Cal, lui offrir un semblant de sourire. Pour lui, Seis, Elek, c’est le type qui l’a envoyé valsé sur l’asphalte, qui l’a enfermé dans un placard et de fait, l’a amoché plus d’une fois en même pas vingt-quatre heures de rencontre. Il lui adresse un sourire.


« La tenue te va bien, je suis rassuré »


Changement de sujet opportun. Puis vient le repas, qui intéresse Swann au plus haut point. Des œufs. Oui, effectivement, des œufs seront impeccables. D’autant plus que ni l’un, ni l’autre ne semble avoir vraiment faim. Tabitha jouera surement un moment avec le contenu de son assiette tout en parlant. Il indique la cuisine à Cal avant de débarrasser un de ses établis et de le nettoyer d’un coup très vague d’éponge. Il s’occupe, l’esprit, surtout il ne faut pas qu’il pense plus loin que le bout de son nez. Déni. Un déni complet. Jusqu’à ce qu’il se souvienne pourquoi il dresse un table pour deux uniquement et pas pour toi, et ce malgré la présence d’un invité presque surprise. Viennent s’ajouter à la scène deux tabourets rendus plus confortable par deux gros coussins. L’établi se fait recouvrir d’une grande nappe blanche brodée en damasse puis on y pose les couvertes, les assiettes et les verres. Swann hésite, fini par sortir deux bouteilles de bière. Il a besoin de se perdre un peu. Et ce, sans Essence. Impératif. On commencera par la bière, on finira par autre chose, un autre alcool, plus fort, peut-être. Tout seul ou accompagné. Il attend patiemment que Cal amène sa poêle et coupe l’omelette en deux. Swann en pique une bouchée avant de commencer.
« Pour les livraisons… si ça te dit … Le système est assez simple et protégé. Bien sûr il y a des fois des couacs. Mais presque jamais. Il y a deux contacts, deux livraisons en tout. La première, c’est pour l’avance, la seconde, tu échanges la commande contre le reste de l’argent. Le tout, c’est qu’on multiplie les livreurs pour ne pas se faire repérer. Et que ça entraines quelque problème du point de vue de la fiabilité. Tu suis ? »


Swann joue de sa fourchette pour dessiner le « schéma » mental, n’ayant au final qu’à peine entamé ce qui se trouve dans son assiette.
« Bref, pour cette fois ci, ce sera papier contre argent. Toujours un par un, livraison à la sortie des bureaux, là où y a le plus de monde pour plus facilement semer en cas de problème et se fondre dans la foule. Hors livraison, tu t’occupes comme tu veux. Tu peux continuer à être mercenaire si ça t’amuse tant que ça ne va pas contre nos intérêts, bien évidement. Je te ferais rencontrer Nine. Je pense que vous vous entendrez bien. Elle est un peu comme toi, c’est une gamine du niveau trois qui a fait de son mieux pour s’élever au niveau deux. Elle travaille au journal. Elle appréciera tes piques.»

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar

Messages : 97
Date d'inscription : 22/06/2014

MessageSujet: Re: Lane boy. [RP test, badabam]   Sam 21 Nov - 16:58




Swann ne sait pas mentir. C’est un fait, c’est avéré, Swann ne sait pas mentir, et aux yeux de Light, il n’a même d’ailleurs jamais su. Six ans plus tôt, déjà, l’adolescent qu’il était avait deviné que le peintre n’était pas des plus doués pour mentir, et qu’il se faisait trahir par beaucoup de choses insignifiantes : un regard, un mouvement des mains, ou simplement une hésitation dans le choix des mots. Pourtant, Light ne dit rien. Il ne fait pas de commentaire, tout simplement parce qu’il n’en a pas à faire. Il ne comprend pas pourquoi Swann est aussi attristé qu’Elek ait quitté l’atelier en claquant la porte. Pour le jeune homme, c’est même mieux sans Elek. Mais il n’a pas le même passif que le peintre avec la montagne.
Leur première rencontre a été quelque peu houleuse, et il lui en veut encore énormément de l’avoir assommé puis enfermé dans un placard. Tout ce que Light pourrait dire ce serait que le départ d’Elek n’est pas une grande perte, et que des crétins, ça se trouve tous les jours. La preuve, il est là, lui.

Il reste blasé face au sourire de Swann. Light ne comprend pas pourquoi le peintre pleure le départ, de toute façon, il suppose, temporaire, de son compagnon, mais il ne comprend pas non plus comment il peut sourire dans cette situation. Il a presque envie de lui dire de se décider sur ce qu’il a envie de faire : pleurer ou s’en fiche, mais pas un mélange des deux.
Finalement, Light hausse les épaules, tire vaguement sur le pull.

« Je sais pas si bien est le terme qu’il faut choisir. »

Ce n’est pas le style de vêtements qu’il a l’habitude de porter, et il se dit qu’il ne s’y fera probablement jamais, mais c’est mieux que rien, ou que ses fringues de la veille qui ont pris la poussière. Il fera avec, de toute façon, il ne compte pas s’éterniser dans cet endroit. Même si c’est vrai que c’est beaucoup plus confortable que sa garçonnière miteuse du niveau 3. Le problème, c’est encore et toujours Elek.
Swann lui indique la cuisine, et Light y va sans broncher, ne sortant ses mains de ses poches que pour attraper des œufs et un bol où les battre avant de les mettre à cuire. C’est basique. Il n’y a rien de plus basique qu’une omelette, mais Light ne sait de toute façon pas faire grand’chose d’autre, et il n’a pas spécialement faim. Pas plus que Swann. Une fois que les œufs sont battus, il les verse dans une poêle chaude et les laisse cuire, tranquillement, vérifiant la cuisson de temps en temps en titillant les œufs battus avec une spatule en bois.

L’avantage de l’omelette, c’est que c’est rapide à faire. Ça ne demande pas grand’chose, côté matériel et ingrédients, à moins de vouloir se casser la tête. Mais Light, de toute façon, n’aime pas se casser la tête. Une fois que l’omelette est cuite, il revient dans l’atelier, vers Swann, et coupe le rond d’œufs battus en deux. Il en sert une moitié à Swann, prend l’autre, et va reposer la poêle dans la cuisine.
Quand il revient, c’est toujours en silence, en écoutant le peintre parler. Un vague ricanement lui échappe et il attrape sa fourchette pour embêter l’omelette du bout des pics.

« Si ça me dit ? J’ai l’impression que j’ai pas trop le choix, en fait, tu vois, je sais pas, un truc me dit que si j’ai envie de jouer les contrevenants et de vous planter toi et ton armoire à glace, il va me faire la peau pour être sûr que je me taise. Déjà qu’il m’aime pas, comme s’il allait me laisser me barrer comme ça. J’y couperai pas, à ce boulot, c’est aussi simple que ça, et comme j’ai envie de vivre je vais pas jouer aux cons et refuser. J’ai pas passé ma vie à essayer de rester en vie pour me faire disloquer la nuque… »

Amer. Il pique vaguement son morceau d’omelette sans y toucher plus que ça. Il n’a pas faim, même si l’omelette toute bête reste plus appétissante que n’importe quel quignon de pain dégoté dans les bas-fonds de Pelagia. Mais l’idée de voir Elek débarquer, lui asséner encore une fois un de ses regards polaires le rend nerveux Ce n’est pas son genre de plier devant quelqu’un, mais Light tient suffisamment à sa tête pour avoir compris qu’Elek n’hésiterait pas tant que ça à la séparer du reste de son corps.
Un sourire désabusé se fige sur son visage et il regarde Swann.

« Explique-moi comment je peux passer inaperçu dans la foule avec ma tête, sérieusement ? »

Quoique, d’un côté, il le fait déjà. Rester discret, quand la situation l’exige, il a appris à le faire. Mais c’est beaucoup plus simple de se cacher dans l’obscurité du niveau 3 que de disparaître dans une foule de badauds des niveaux 1 et 2. Quand il quitte le niveau 3, Light le fait toujours de nuit, c’est plus simple, c’est plus sûr, il y a moins de gens dehors qui peuvent le remarquer.
Nouveau coup de fourchette à peine enthousiaste dans le morceau d’omelette. Ça ne lui dit rien, vraiment, pourtant il a fait l’effort de la préparer.

« Tant qu’elle n’a pas envie de m’écharper vif, moi, ça me va… »




Dernière édition par Loki le Lun 15 Aoû - 11:44, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur


Messages : 13
Date d'inscription : 17/11/2015

MessageSujet: Re: Lane boy. [RP test, badabam]   Lun 23 Nov - 22:14

Swann persiste et signe, il juge que la tenue actuelle va bien à Cal. Même, il se dit qu’il lui sera plus facile de se fondre dans la foule du niveau 2 habillé comme ça. Il esquisse un sourire, joue avec l’omelette de sa fourchette. Il pense, il réfléchit, elle tente de prévoir. Comment construire l’avenir du mouvement Aldebaran, comment l’enrichir, comment le faire agir comme une petite entreprise au final , de quoi ajouter quelques rides sur son jeune front, au final .S’inquiéter, toujours s’inquiéter , chasser, hérisser le poil. N’a-t-il pas pris le chat comme animal héraldique, après tout ? Seulement des rides viennent s’ajouter quand Cal décide, enfin, de passer à autre chose qu’à la réponse mono-phrase. Ses sourcils se froncent, ses cheveux blonds presque blancs retombent sur le devant de son visage. Il est en train de ce dire que ce n’est pas Elek qu’il aurait dû mettre à la porte. Enfin si, un peu quand même. Mais Cal aurait dû le rejoindre assez vite. Swann bouillonne, Swann se fâche, Swann est assez semblable à Seisyll sur ce point. Deux pots de sentiments qu’on remplit jusqu’à ce que ça explose en grand fracas. Mais avant, il faut remplir alors on accumule ressentiments sur ressentiments. Sinon, dans sa frêle silhouette, le peintre a appris la retenue. D’abord pour être parfaitement invisible. Ensuite pour coller à son monde, parfois vipérins. On n’est pas tendre dans le monde de l’art. La dernière phrase sur Antonine a fini d’achever sa patience. Antonina ? Echarper quelqu’un qu’elle ne connait pas ? C’est surement la femme la plus douce du monde, une excellente comédienne et un excellent indic. S’il l’a mentionnée, c’était bien pour parler d’autre chose avec Cal que la livraison, son entrée par effraction ou son enfermement dans le placard.
« Maintenant, ça suffit Cal ! Tu n’as vraiment rien appris après tout ce temps ?»




Swann se redresse, la voix grondante, poussant bruyamment le tabouret sur lequel il était assis pour le dominer. Paraitre, toujours paraitre. Paraitre plus gros, plus imposant pour appuyer ses propos.
« Arrête trente secondes de jouer les victimes qu’on opprime. C’est trop facile. Elek, d’accord, mais Antonina ne t’a rien fait, tu ne la connais même pas. Tu juges encore trop vite, gamin. Beaucoup trop vite. Tu sais quoi ? Si tu veux, vas-y. Complais toi dans ton statut de victime écrasé par les autres et par la société. Mais à ce moment-là, tu n’as rien à faire dans la Compagnie et ne parlons même pas du mouvement. Si tu y es rentré, c’est bien parce que tu avais l’impression que tu pourrais faire quelque chose, je me trompe ? Ou par pure opportunisme ? Va donc, retourne à ta vie misérable du niveau trois et surtout restes-y ! Je peux faire preuve de compassion, de réconfort mais jamais, au grand jamais je ne te plaindrais. Je ne l’ai pas fait avant, je ne le ferais pas plus maintenant. Quant au secret, si jamais il vient à s’ébruiter, on saura immédiatement de qui ça vient. Tu comprends bien que ce ne sont pas des genres de choses qu’on hurle sur tous les toits »




Il balaie d’un grand geste de la main, tape du pied sur le sol.
« Tout se paie, Cal ! Considère un instant que ça ait été quelqu’un d’autre du mouvement qui t’ait attrapé, que je n’ai été pas là. A ton avis, tu serais où maintenant ? Je ne te demande aucune reconnaissance, juste un tant soit peu de maturité dans ta tête de poulpe. Tu n’as plus treize ans, il est tant que tu agisses en adulte, tout gamin des rues que tu es. Maintenant, pose toi et réfléchit trente secondes. Fais ton choix. Tu comptes jouer le mercenaire toute ta vie, aussi courte qu’elle sera et te mettre en danger ou alors te prendre en main et agir ? Tu as le temps de finir ton assiette. Si tu comptes vivre comme un gamin, vas-y, pars ! Je ne te courrais pas après cette fois encore ! Et si c’est Elek qui t’inquiète, oublies le, il ne te fera plus rien. Je ne ficherais pas ma vie en l’air pour un gamin égoïste. »



Boule colère qu’il est, il pleure maintenant de manière franche, planté encore quelques instants sur ses deux jambes avant de faire volteface et de ramener son assiette pleine à la cuisine. C’est là qu’il s’accroupi , animal blessé et qu’il laisse libre court à ses larmes.Tout fiche le camps .
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar

Messages : 97
Date d'inscription : 22/06/2014

MessageSujet: Re: Lane boy. [RP test, badabam]   Lun 23 Nov - 22:51




Light sursaute légèrement, relève la tête et regarde Swann. Il lâche sa fourchette, délaissant complètement le morceau d’omelette qui ne lui faisait de toute façon pas envie. Il cligne des yeux, un peu interdit, et ouvre la bouche pour dire quelque chose, mais le peintre ne lui en laisse pas l’occasion. A la place, Light se referme, comme une huître. Il pince les lèvres, détourne la tête en fronçant les sourcils d’un air boudeur, gamin. Victime. Les gens n’ont que ce mot-là à la bouche. Victime. Light, lui, en a marre. Il a suffisamment servi de punching-ball pendant son enfance pour ne plus vouloir être une victime. Mais tout ce qu’il a envie de dire à Swann, c’est de se taire. Lui exposer son point de vue, pour quoi faire ? Il a juste envie de se lever, de confronter le peintre et de lui dire de se taire.
Pourtant il reste là, à écouter l’artiste, la tête détournée, le regard planté sur le sol de l’atelier. Tais-toi. Tais-toi. C’est tout ce qui lui passe par la tête à l’instant précis. Tais-toi. Arrête, juste, tais-toi. Qu’est-ce que tu sais de ma vie du niveau trois ? Je t’ai jamais rien raconté, rien, tout ce que tu sais c’est que tu as pu observer. Qu’est-ce qui te dit que je n’ai pas encore des bleus sur les côtes, sur le dos ? Tais-toi.

Mais Light reste muet. Son poing se serre, se desserre. Il a envie d’envoyer l’assiette à l’autre bout de l’atelier, de l’envoyer se fracasser contre un mur, contre une toile, contre n’importe quoi. Un rictus et un ricanement méprisants lui échappent. Tout se paie, non, sans blague. Comme si le mercenaire ne savait pas. S’il y a bien une chose que la rue lui a apprise, c’est ça. Tout a un prix. Encore plus à Pelagia, où même la survie a un prix. Peut-être pas le même prix que Swann est prêt à mettre sur l’exécution d’un travail de livraison parfait, mais un prix reste un prix, et celui de la rue est élevé.
Swann s’en va. Light n’en demande pas plus. Il reste là, les poings serrés, avec l’envie d’envoyer quelque chose valser à l’autre bout de la pièce. Comme la bouteille de bière. Tant pis pour les taches, c’est tout ce que Light trouve à se dire. Il contient la tension accumulée dans ses épaules, ses coudes, jusqu’à la moindre de ses phalanges. Il attend, en comptant les secondes, finissant par se lever et donner un coup de pied au tabouret qui roule sur le sol, s’éloignant d’un ou deux mètres, pas beaucoup plus.

« Merde ! »

Le juron est presque faible pour la situation et Light reste planté là, à fusiller ce tabouret du regard. Il rêve d’une cible. Une cible en papier, qu’il puisse réduire en poussière avec les balles du Derringer. De laisser la détonation de l’arme résonner à ses oreilles, de sentir le recul cogner dans ses bras, sentir la légère résistance de la gâchette au moment où son doigt appuie dessus, jusqu’à ce que la résistance cède. Il rêve d’entendre le déclic du chien du canon de l’arme qu’on abaisse pour l’armer.
A la limite, s’il l’avait avec lui, le Derringer, il aurait peut-être déjà tiré sur les toiles, les murs, quitte à attirer du monde, il s’en fiche. Il jette un regard mauvais à l’assiette qui reste là, et va finalement s’enfermer dans la chambre d’amis.
Il s’assied contre le lit, renverse la tête en arrière pour la poser sur le matelas et reste là, à regarder le plafond, continuant de ressasser toute ses mauvaises idées pour se défouler. Mettre un pain à Elek. Quitte à mourir. Au moins, il l’aura fait. Non. Mauvaise idée. Il la laisse dériver en-dehors de son esprit. Il continuera de rêver, seulement, de mettre son poing dans la figure de la Chouette.

Light laisse le temps passer. Combien, il ne sait pas. Tout ce qu’il sait c’est que quand il se lève, c’est Swann qu’il va voir. Il se plante à côté de lui, bien campé sur ses pieds, les mains dans les poches.

« Elek me déteste, arête de vouloir me faire croire le contraire. Il veut ma peau, c’est pas compliqué à comprendre, je te rappelle qu’il a quand même voulu me noyer. C’est sympa de m’avoir sauvé, mais si c’est pour nier que ton copain rêve de me disloquer les vertèbres, c’est pas la peine. Antonine, je la connais pas, à la limite je m’en fous de la connaître, tout ce que je sais, c’est qu’en général, les gens veulent me mettre des baffes, à tort ou à raison, si elle a pas envie de m’écharper après une heure de discussion, on verra si je change d’avis. Sinon, tu permets, mais je resterai aussi sur ce que j’ai dit. »

Un soupir sec franchit ses lèvres, il détourne vaguement le regard.

« Pour la Compagnie, tu veux que je te dise quoi, sérieux ? Que je cherchais une chance de rédemption ? La belle affaire ! Y a juste personne d’autre qui voudrait de moi, admets-le, au moins, j’ai pas fréquenté l’école longtemps, je suis fiché chez Magnus, c’est toi-même qui l’a dit, alors qui d’autre qu’une bande de marginaux voudrait de moi ? J’allais pas continuer à vivre dans la rue et à voler pour me nourrir alors que j’avais une chance, même si c’est une putain de mauvaise idée d’être mercenaire, tu veux que je te dise, je m’en contrefous, au moins, j’ai un boulot, et j’ai pu arrêter de dormir sous les porches. »

Il hausse finalement les épaules, et se détourne à moitié. Il compte retourner dans la chambre, attendre il ne sait trop quoi, éventuellement réfléchir, la belle blague, à ce qu’il va faire. Rester ou partir ? Il n’en sait rien. Il ne doit rien au peintre, à part sa vie, et ça, ce n’est tout de même pas rien.

« Tu l’as dit toi-même, j’ai jamais été confronté à autre chose que la rue. C’est mon univers, comme le tien, c’est la peinture. Tout ce que je sais faire, c’est me battre, rendre des coups qu’on me donne, tout ce que je sais faire c’est survivre, et tu voudrais que du jour au lendemain je devienne votre bon petit chien ? Mais tu peux rêver, là ! Tu veux que je me prenne en main ? A ton avis, je fais quoi ici ? J’attends une inondation ? J’aurais très bien pu partir y a un moment déjà, alors à ton avis, pourquoi je suis encore ici ? De un, parce que j’ai pas le choix, aie au moins l’honnêteté de l’admettre, si j’essaie de vous faire faux bond, Elek s’arrangera pour que je le regrette toute ma vie. Admets-le, ça te fera pas de mal, parce qu’il est dangereux, ce type, que tu le veuilles ou non. Alors ouais, au cas où tu te poserais la question, je suis encore là parce que ça m’intéresse de pas passer ma vie à exécuter des contrats pour qui peut payer un crétin dans mon genre. Ca va, là, t’es content ou faut que j’en rajoute encore ? »

Il donne un vague coup de pied dans la porte, qui bouge, s’ouvre un peu plus, il reste détourné, s’appuie au chambranle de la porte et regarde l’autre bout de l’atelier.

« T’es sympa mais franchement, t’as bon dos de me dire de ne pas juger sans savoir, tu fais pareil. Tout ce que tu sais de moi, c’est que je suis un gamin des rues, et que je volais pour me nourrir. Et à part ça ? Jamais tu m’as demandé comment ça se passait, dans la rue, jamais tu m’as demandé si j’avais une famille, jamais tu m’as demandé si je pouvais compter sur quelqu’un, jamais t’as fait au moins mine de vouloir connaître autre chose de moi que le cambrioleur raté. Alors arrête de me dire que je ne sais rien. Je suis pas allé à l’université, mais c’est pas pour autant que j’ai rien appris. J’ai appris différemment de toi, c’est suffisamment mature comme réflexion, ça te va ? »

Nouveau haussement d’épaules, et dans ses poches, ses poings se serrent encore un peu.

« Alors au cas où t’aurais toujours pas compris, quand je dis que tant qu’on ne veut pas me flinguer, ça me va, c’est juste un constat. J’ai un don pour me mettre les gens à dos, je crois que t’as remarqué ça, quand même, alors tu peux arrêter de dire que je me fais passer en victime. Tu veux savoir un truc ? On m’a suffisamment tapé dessus pour que j’aie pas envie de me ramener exprès pour me faire battre, merci. J’ai eu ma dose. Maintenant si tu me cherches, je serai dans la chambre, à méditer comme tu me l’as si bien conseillé. »

Et il abandonne Swann là, sans cérémonie, retournant dans la chambre mais laissant, comme il le ferait d’habitude, la porte ouverte.




Dernière édition par Loki le Lun 15 Aoû - 11:45, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur


Messages : 13
Date d'inscription : 17/11/2015

MessageSujet: Re: Lane boy. [RP test, badabam]   Mer 25 Nov - 12:25

Tourne. Encore. Toujours. Tourne discussion sur le ruban de Moebius. Tourner sans tourner en rond, rien ne tourne rond, ni les courants ni la terre. Il a trop parlé, il a mal jugé, il a mal tout court. C’est dans ces moments qu’il se demande ce qu’il fait là au final. Pourquoi lui, Swann Maavi s’est embarqué dans de tels méandres au final. Il est beau, tiens, à faire la leçon sur les engagements dans la Compagnie, sur l’inertie. Parlons de son engagement à lui, de la naissance du mouvement, de l’objectif sous-jacent de tout cela. Vivre sans être jugé, un beau rêve. Donner des conseils que lui n’applique pas. Hypocrisie. Hypocrisie que Cal ne manque pas de lui faire remarquer après avoir réfléchis. Swann grogne dès qu’Elek est abordé. Lui maintient. Elek n’a rien de dangereux. Il est certes un peu impulsif, leur rencontre ne s’est pas complétement bien passé. Mais détester non. Il aimerait bien lui dire que si Elek le détestait vraiment, il n’aurait jamais accepté son compromis. De toute façon, Tabitha défendra toujours Elek, quoi qu’il arrive, il ne verra jamais le mal en lui. Il aura toujours une excuse. Le noyer ? Simple menace en l’air toute convaincante qu’elle ait été. Bon. D’accord, ça lui a traversé l’esprit cinq minutes. A cause de la Peur. La peur d’être découvert, d’être exposer. Il siffle presque quand Antonine arrive dans le discours. Au final, c’est ça qu’il aurait dû lui dire. Cesse donc de te déprécier. Antonine, elle passe son temps à entendre les gens se plaindre dans le courrier du cœur du journal de Pelagia, des gens qui sont incapables de se défaire de l’inertie de leur vie, qui ne savent pas faire autre chose qu’être passif. Alors toi, à côté, c’est du gâteau, du sable. Plus meuble, plus facile, plus mou, tu meurs.

Tu continues, Cal, tu te déprécies encore. Idéaliste Swann. Personne ne veut de lui ? C’est juste qu’il n’a pas encore trouvé. Ou même si. Lui, il veut de lui. Il a besoin de lui. Maintenant. Et pour après. Et si tu ne veux pas tant pis. Tout frêle qu’il est, comme le jonc, il sait s’opposer à le hêtre que peut être Elek. Parce qu’il se voit mal, après tout ce qui s’est passé, lui imposer quoi que ce soit. Tout est une question d’ascendant. La suite. Tout est douloureux, trop douloureux. De toute façon, Cal n’entendra plus rien maintenant. Il faut attendre, reprendre patience. Cal est encore l’enfant, lui, Swann, est censé être l’adulte. Il le laisse partir, retourner s’enfermer sans porte, dans sa bulle. Il sèche ses larmes, il a besoin de se défouler, de voir ailleurs. Chacun se défoule à sa manière. Il range le peintre, met le reste des omelettes dans un plat, au frigidaire. Puis il retourne au salon atelier, tire une immense toile qu’il dépose au milieu de la pièce. Dans un vacarme de métal, il sort d’énormes pots de peinture acrylique, celle qu’on utilise pour les meubles. Du jaune et du rouge. Il en verse le contenue dans le milieu de la toile, retrousse ses manches. Ses mains servent de pinceaux, c’est un essai, un défouloir, juste un défouloir sur la couleur et la trace. En à peine dix minutes, aucun de ses vêtements n’a été épargné par la peinture, ni même son corps. Ses pieds et ses mains n’ont plus leur couleur originel, dégradant sur ses jambes et ses bras. La couleur s’est aussi invitée sur son visage, sur ses cheveux décolorés, sur le bout de son nez. Il plonge à corps perdu dans le monde du pigment, oubliant ce que Cal lui a dit, ce que Seisyll a fait. Il les oublie, il s’en fiche. Puis il se remet à réfléchir, chercher. C’est vrai il ne sait rien de lui. Il ne sait rien …. Il ne sait rien ?

Swann se redresse d’un coup, laissant la trace de ses pieds de couleur rouge orangée jaune sur son chemin. Il se plante devant la chambre de Cal, qu’importe sa tenue. Il doit en faire une tête, Cal, devant cet être de couleur.


« D’accord, c’est un fait. Je ne sais peu ou prou rien de toi. Tu n’es pas du genre à te livrer et je ne suis pas de fait curieux de la vie des autres. Corrigeons. C’est le moment de dérouler ta biographie et à moi de la transcrire, pour retenir et intégrer. C’est le moment où tu es l’élément central du tableau. »
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar

Messages : 97
Date d'inscription : 22/06/2014

MessageSujet: Re: Lane boy. [RP test, badabam]   Mer 25 Nov - 15:07




Light reste dans la chambre d’amis, la porte grande ouverte. Il attend, encore il ne sait trop quoi ou qui. Pas Swann. Pas pour le moment. Il a envie d’être seul, tranquille, dans son coin. Il s’est assis par terre, contre le lit, renversant de nouveau la tête en arrière pour contempler le plafond désespérément nu de la chambre. Il réfléchit, aussi bizarre que ça puisse paraître. Il se demande ce qu’il fait là, pourquoi il a accepté un pari aussi con. La réponse lui saute aux yeux : le goût du risque. A force de vivre dans la rue, on finit par accepter de vivre avec le risque. Light l’a intégré à sa vie, et il n’imagine pas la passer sans une bonne dose de risque de temps en temps. C’est ça, qui fait que la vie vaut la peine d’être vécue, en tout cas pour lui.
Sans risque, la vie est plate, la vie est sans grand intérêt. Quoi qu’en dise Swann, quoi qu’en pense Swann, lui-même vit dans le risque, et Light se demande un instant s’il peut nier que ce risque donne une certaine dimension attrayante à sa vie. Le risque. Pour Light, le risque, actuellement, c’est Elek. Elek qui, et il en restera convaincu jusqu’à preuve du contraire, attend le bon moment pour le tuer, le faire disparaître et l’empêcher de parler. Mais de parler de quoi ? Light ricane.

Comme s’il avait des choses, autres que des insultes, s’entend, à aller dire aux bonnes œuvres de Pelagia et à Magnus. Il ne veut pas avoir affaire à Magnus, plus longtemps il restera éloigné de la firme, mieux il se portera. A l’inverse, la milice aurait bien des choses à lui demander à lui, mais resterait encore qu’il y réponde. L’espace d’un instant, il se demande comment prouver à Elek qu’il ne sera pas un danger pour lui et sa petite affaire, mais juste après il réalise que cela revient à lui donner sa loyauté, sa fidélité. Light tique légèrement, émet un vague sifflement de mépris. Lui, devenir le toutou d’Elek ? Plutôt crever, si ça peut faire plaisir à la Chouette.
Un soupir lui échappe, mêlé d’un léger râle. Pourquoi faut-il que la vie soit aussi compliquée ? Même en essayant de la rendre plus simple, elle reste difficile, sinueuse, incompréhensible sur un certain nombre d’aspects. Ce n’est pas faute d’avoir essayé de se casser la tête le moins possible, ce n’est pas faute d’avoir essayé de tout enfermer dans une routine qui simplifierait les choses. Il y a toujours des imprévus.

Comme le bruit, qui vient de l’atelier, à côté. Light lève les yeux au ciel, grogne légèrement, mais ne bouge pas et ne ferme pas non plus la porte. Elle restera ouverte, cette porte, surtout si c’est pour lui permettre de pouvoir faire sortir le placard de la pièce et de le découper avec ce qui lui passera sous la main. Une hache, peut-être, ou n’importe quoi d’autre qui fait des dégâts.
Il ne l’aime pas, ce placard, et il ne l’aimera jamais. Light continue d’écouter le bruit qui vient de l’atelier. Swann peint, sans doute. Il ne doit pas avoir grand’chose d’autre à faire, de toute façon, ce n’est pas comme s’il avait un autre boulot que peintre. Light n’a pas envie de savoir ce qu’il peint. Il reste là, assis sur le sol de la chambre, les yeux rivés sur le plafond, attendant encore et toujours quelque chose se passe. A défaut d’aller chercher les problèmes, il laisse les problèmes venir à lui.
Un rictus s’affiche sur son visage quand il se demande quelle sera la tête d’Elek s’il lui dit qu’il a réfléchi. Un ricanement franchit ses lèvres. Toi, tu réfléchis ? Depuis quand ? Depuis maintenant, j’en sais rien, je m’ennuyais, j’avais rien d’autre à faire, ça te dérange ? Réfléchir. C’est vrai qu’il ne le fait pas souvent, ça demande de prendre en compte trop de facteurs, lui, il veut juste se simplifier la vie parce qu’il a toujours dû trouver le moyen d’échapper à des situations dangereuses.

Finalement, c’est Swann qui se plante dans l’embrasure de la porte. Light tourne à peine la tête et les yeux, se contente d’arquer un sourcil devant l’arc-en-ciel de couleurs dont le peintre est barbouillé de la tête aux pieds. Même ses cheveux n’ont pas été épargnés, l’artiste n’est plus qu’un patchwork bariolé et dont toutes les couleurs ne vont pas forcément ensemble juste les unes à côté des autres, des mélanges étranges auxquels il n’aurait jamais pensé.
Mais Light est hermétique à la peinture, de toute façon. Les mélanges, il s’en fout, il n’y pense jamais, ce n’est absolument pas sa tasse de thé, et il a d’autres projets que la reconversion en artiste étrange qui a l’impression d’avoir obtenu l’illumination divine sur un sujet quelconque.
Le jeune homme soupire, secoue machinalement la tête, réfractaire.

« Et si j’ai pas envie d’être l’élément central du tableau, justement ? »

Il soupire. Il s’attendait à tout, sauf ça, mais tant pis. De toute façon, Swann est du genre à insister. S’il refuse de lui parler, il sait qu’il doit s’attendre à des questions, tout de suite, plus tard. Mais il sait très bien qu’il n’aura pas la paix tant qu’il n’aura pas tout dit à Swann.
A ceci près qu’il n’a pas envie de tout dire.

« Tu veux que je commence par quoi ? Parce que de toute façon je vais faire court, t’attends pas à des lignes et des lignes d’histoire, je me casserai pas la tête à ce point, t’auras le résumé point barre. »




Dernière édition par Loki le Lun 15 Aoû - 11:45, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

Contenu sponsorisé


MessageSujet: Re: Lane boy. [RP test, badabam]   

Revenir en haut Aller en bas
 
Lane boy. [RP test, badabam]
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 2Aller à la page : 1, 2  Suivant
 Sujets similaires
-
» Nouveau test de répartition
» Mélanie passe le test HIV (pv Guillaume et un autre médecin)
» Test : qui est ton idole...
» Le langage des fleurs... Petit test...
» Etes-vous attentifs aux autres ??? Petit test...

Permission de ce forum:Vous pouvez répondre aux sujets dans ce forum
R A D I O A C T I V E :: Tapititapiti :: Zone de RP-
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujetSauter vers: